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[Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée !
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Quelle est votre création favorite
la N°4 : Séjour à Equinoxe
29%
 29%  [ 5 ]
la N°5 : Annabelle, 5 ans
47%
 47%  [ 8 ]
la N°7 : Les Larmes d'Ethyan
23%
 23%  [ 4 ]
Total des votes : 17

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Petit°Cœur
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MessagePosté le: 01/07/2013, 07:27    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

Bonjour,

Veuillez trouver ci-dessous le règlement pour le vote des concours de création :


Du 01 au 10 juillet : ¼ de finale / possibilité de voter pour vos 3 créations favorites, avec possibilité de changer votre vote à votre guise dans ce laps de temps.
Au 10/07 les 2 créations ayant obtenus le moins de votes sont retirés du concours.

Du 11 au 20 Juillet : ½ finale / possibilité de voter pour vos 2 créations favorites, avec impossibilité de changer votre vote une fois celui-ci fait.
Au 20/07 les 2 créations ayant obtenus le moins de votes sont retirés du concours.

Du 21 au 31 Juillet : Finale / possibilité de voter pour votre création favorite, avec impossibilité de changer votre vote une fois celui-ci fait.
Au 31/07 nous arrêtons les votes pour obtenir le classement final et ainsi le résultat du concours.

Une fois le vote fini, les 3 vainqueurs seront contactés par le Président des Td’O pour leur signaler officiellement leur classement et pourront donner leur choix de lot.
La remise des lots aura lieu lors de l’AG de l’assos, le samedi 31 Aout 2013.


Bon vote …

 

 
 
***        
SOMMAIRE
Arrow Numéro 4 : Séjour à Equinoxe
Arrow Numéro 5 : Bonsoir. Je m'appelle Anabelle[...]
Arrow Numéro 7 : Les Larmes d'Ethyan
_________________
" Une balle perdue ne l'est pas pour tout le monde"

«Lythronax Argestes»


Dernière édition par Petit°Cœur le 21/07/2013, 17:59; édité 3 fois
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MessagePosté le: 01/07/2013, 07:27    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: 01/07/2013, 07:29    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

Numéro 1 : Un bon film




"Salut a tous! Je suis Pat Chance, votre nouveau réalisateur. Le précèdent a abandonné le tournage pour cause de dépression subite et durable. Et Monsieur O'bsédé, votre producteur, m'a. . . Comment dire cela sans mentir? Il m'a invité à venir finir son film.


"un film au nom bien évocateur: "Le robot est venu de mars pour nous manger". . . Voilà. Je crois que tout est dans le titre et la tâche nous a été donnée de faire de ce script tout pourri, je veux dire original, autre chose qu'un navet. Et je dois dire entre nous que ce n'est pas gagné.

« Passons à la scène ou Billy comprend que le robot n'est pas venu en ami. Billy, tu es dans le parc de la ville, il fait nuit. La bouillotte qui représente le vaisseau spatial vient de se poser sur la colline. Ton ami Boby vient de mourir sous tes yeux. C'est à toi. Silence vous autres, moteur. . . Action !

-Non, Boby. . . Je t'avais dis de ne pas aller là-bas comme ça. Le souffle de ses moteurs a fait fondre ta glace qui a coulée sur ton pantalon et a décoiffé Brenda. Je suis d'accord, ça peut énerver. Mais ce n'est pas une raison pour lancer un caillou sur le robot qui est sorti de ce magnifique vaisseau spatial. Regardes toi, Boby. Maintenant tu es mort et il mange ton cerveau comme s'il s'agissait d'un steak tartare. Pauvre Boby. Mais n'aie crainte, je te vengerai.

-Coupez !. . . comment dire ça ? . . . j'ai noté plusieurs détails qui me font légèrement hérisser le poil. D'abord, où se trouve Brenda ? Si la bimbo n'est pas là quand on tourne des scènes où elle apparaît, ça ne va pas. Assistant ? Où est-elle ?

-Elle est avec le producteur, Monsieur Chance. Ils révisent une scène dans son bureau.

-Avec le producteur ? Quelle scène l'aide-t-il à revoir ?

-La scène du baiser. Il paraît que le canapé est confortable, si vous voyez où je veux en venir.

-Je vois très bien, merci. Et en ont-ils pour longtemps ?

-En général, cela dure une bonne partie de l'après-midi.

-. . . Ok ! Ensuite, Boby ! Tu viens de voir ton ami se faire tuer devant toi et un robot alien est en train de lui manger le cerveau. Je ne parlerai pas du texte, tu n'y peux rien. Mais ta façon de parler, bon sang ! On dirait que tu lis ta liste de courses. Mets-y du cœur ! Imagines que c'est du réel. Imagines que ton pote est vraiment en train de se faire boulotter la cervelle. Tu es censé être acteur. Alors montres nous ce dont tu es capable.

-Je vais essayer !

-N'essayes pas ! Fais le !. . . Silence tout le monde. . . Moteurs. . . Action !

-Non, Boby . . . Je t'avais dis de . . . de ne pas . . . aller . . .

-Coupez ! Qu’est ce que tu as ! Pourquoi tu pleures maintenant ! Tu en fais trop là. Tu n'arrives même plus à dire ton texte. Calmes-toi et appliques-toi.

-Je ne peux pas. . . C'est trop dur. . . Boby est mort !

-Ne dis pas n'importe quoi ! Tu le vois bien que ce n'est qu'un mannequin. D'ailleurs, d'où il sort ce truc ? Assistant ?

-Nous l'avons piqué dans un grand magasin.

-Comment ? Vous avez fait quoi ?

-Le producteur a alloué un budget plus que serré pour ce film. Alors, on fait comme on peut.

-Et le fait que le robot alien tueur ressemble plus à un chevalier médiéval avec des loupiotes à la place des yeux, c'est normal aussi ?

-Oui. D'ailleurs, il vous fait passer un mot. En fait, il l'avait adressé à votre prédécesseur, mais ce dernier est parti avant de le lire.

-Et que dit le message ?

– Donc, je cite : « Cette armure est en fonte doublée polaire ; Je ne vois absolument rien à cause des ampoules dans le casque, et je déteste le steak tartare. » fin de citation.

– Ok ! Je sens que je vais me plaire ici. . . Alors, vous deux, là ! Oui, vous deux. Vous me calmez ce Billy ; moi je vais passer à la scène suivante. Alors, voyons ça. . . Brenda est indisponible pour l'instant. . . Billy est occupé à pleurer. . . Le robot alien tueur cannibale est allé boire un verre, il me reste Sophia et . . . Tiens ! Sophia. On va tourner ta scène.

– Quelle scène ?

– Ben. . . ce n'est pas compliqué. Tu as trois scènes dans ce film dont une seule où tu es seule. Celle où tu prends ta douche.

– Ah ! Ok. Je me déshabille alors.

– . . .Mais. . . que fais-tu ?

– Ca ne se voit pas ? Je me déshabille pour prendre la douche. Je ne vais pas la prendre habillée quand même.

– Oui, je suis d'accord avec toi. Mais tu as une loge ou un vestiaire pour ça. Tu ne te déshabilles pas comme ça devant tout le monde.

– Pourquoi ?

– Parce que ça ne se fait pas. . . Et tu déconcentres tout le monde !

– J'ai plutôt l’impression qu'ils sont bien concentré sur ce que je fais.

– Certes. Mais ils ne feront pas bien leur travail.

– Ok ! J'ai compris. Je vais dans ma loge.

– Vous autres ! Au lieu de me lancer ces regards, préparez le décors.

– Que doit-on faire exactement ?

– Faites couler de l'eau chaude. Pas bouillante, mais juste assez chaude pour qu'il y ait des petits nuages de vapeurs. Il me faudra aussi une lumière blanche tamisée à axe coaxial indépendant de la lumière principale qui elle doit être jaune avec filtre mat. . .

– Pardon, monsieur, mais j'ai pas tout suivi là !

– C'est bien vous le chef éclairagiste, non ?

– Vous savez, moi, je ne suis que le stagiaire.

– Allez me chercher votre chef alors.

– C'est qu'il n'est plus là.

– Comment ça, plus là ? Il est où ?

– Il en a eu marre des conditions de travail. Il y a trois jours, il est sorti du bureau du producteur en claquant la porte et en criant qu'il n'était pas assez payé pour « ces conneries » et qu'il ne reviendrai que quand son salaire augmenterait.

– . . . calme, je dois rester calme. . . Bon, ce n'est pas grave, on va faire sans vu qu'on ne peut pas faire avec. Tu vas monter là-haut ! Tu pointe le gros projecteur jaune sur la douche et le petit banc sur le pommeau de douche. Tu penses y arriver ?

– Oui, monsieur.

– Alors, fonces. . .Boby, tiens toi prêt. Tu es aussi dans cette scène. Tu enlèves tes chaussures et chaussettes ainsi que ton tee-shirt et tu attends mon signal.

– Voilà ! Je suis prête !

– Je vois ça. Tu aurais quand même put mettre un peignoir ou t'enrouler dans une serviette avant de sortir de ta loge. Non ?

– Pourquoi ? De toute façon, vous allez tous me voir à poil prendre ma douche de toute façon. Je ne vois pas ce que cela changerait que je me mette quelque chose ou pas.

– . . . Euh ! . . .Si tout le monde est prêt, alors on y va. Silence tout le monde. . . Moteurs. . . Action ! »

Sophia avance d'un pas chaloupé sous le jet de la douche. De petits et légers nuages de vapeur cachent certaines parties de son corps. Elle penche sa tête en arrière et laisse couler l'eau sur son visage qui ruisselle ensuite le long de son corps. Elle n'entend pas la porte de la salle de bain s'ouvrir et se refermer dans un discret déclic.

Boby, le corps musclé et les muscles saillant, s'avance en silence vers la jolie jeune femme. Une fois arrivé derrière elle, il se colle à son dos et l'embrasse dans le cou. D'abord surprise, elle se retourne et le reconnaît. Passant ses bras autour du cou de son amant elle l'embrasse fougueusement et d'un bond, passe ses jambes autour de la taille de Boby. Ce dernier, complètement déséquilibré chute en arrière et sa tête heurte violemment le rebord bétonné du bac de douche.

« Coupez ! Que l'on appelle des secours et que quelqu'un vérifie qu'il respire encore. . . C'est bon ? Il est encore en vie ? Tant mieux ! Qu'on me le mette dans un coin. Bon, ça nous fait perdre du temps tout ça. Il me faut quelqu'un pour le remplacer. Mais qui ? . . . Tiens, toi !. . . Oui, oui. Toi là-bas. Tu feras l'affaire. De toute façon, il n'y a personne d'autre. Je suis sûr que tu y arriveras. Et entre nous, il y a pire comme première scène. Je te laisse lire le script de la scène. Ne t'en fait pas, il n'y a que trois lignes et aucun texte à apprendre. Tu vas t'en sortir. . . Assistant ?

– Je suis là, monsieur Chance.

– Où en est Boby ? Les secours viennent de l'emmener en ambulance. Ils disent qu'il devrait être sur pied d'ici deux jours.

– Au moins, ils sont rapides. On ne peut pas dire le contraire. . . Bon, tout le monde est en place ? Silence. . . Moteurs. . . Action ! »

Sophia avance d'un pas chaloupé sous le jet de la douche. De petits et légers nuages de vapeur cachent certaines parties de son corps. Elle penche sa tête en arrière et laisse couler l'eau sur son visage qui ruisselle ensuite le long de son corps. Elle n'entend pas la porte de la salle de bain s'ouvrir et se refermer dans un discret déclic.

Boby, le corps petit et gras, s'avance d'un pas lourd vers la jolie jeune femme. Une fois derrière elle, il colle son ventre contre ses fesses et lui embrasse une omoplate. Complètement surprise, Sophia fait un bond de côté et se retourne. Une lueur de dégoût se lit dans son regard alors que la lubricité se lit dans les yeux de son amant. C'est du bout des lèvres qu'elle l'embrasse avant d’être prise d'un haut le cœur et de courir vers sa loge une main sur sa bouche et l'autre sur son ventre.

« Coupez ! . . . Je crois que pour cette scène aussi c'est mort. Nous devrons attendre que Boby sorte de l’hôpital. Je commence à comprendre pourquoi l'autre à fait une dépression. On va faire une autre scène. Louis. Si je lis bien, tu joues le grand-père de Billy. Et l'une de tes scènes se déroule dans la cuisine. . . On va faire ça ! Tout le monde en place ! Silence. . . Moteurs. . . Action ! »

Par la fenêtre, on voit le soleil se lever. Louis avance d'un pas traînant vers le frigo et en sort une bouteille de lait. Il s'en sert un verre, range la bouteille et sort sur le perron pour le boire. Le jour se lève sur un décor en carton représentant des champs mal peints où des maïs bleus côtoient du blés vert. Derrière lui, une silhouette se déplace avec un fort bruit de ferraille.

Ne s’étant rendu compte de rien, Louis retourne à l’intérieur et pose son verre dans l'évier. Il se dirige alors vers le couloir quand un bruit se fait entendre. D'un pas hésitant, il se dirige vers une porte et pose sa main sur la poignée ronde. Il inspire profondément et ouvre d'un coup sec.

Une forme sombre en sort d'un bond et file se cacher sous un meuble. Un petit miaulement indique qu'il s'agit en fait d'un chat. Pat Chance passe ses mains dans ses cheveux, ferme les yeux et inspire à son tour profondément avant de crier :

« Coupez ! Mais qu'est ce que c'est que ce bordel ? Quelqu'un peut-il m'expliquer d'où sort ce chat ?

– Du placard, Monsieur Chance.

– D'autres observations pertinentes avant que je vous foute à la porte ?

– Excusez-moi, monsieur chance. Je voulais dire qu'il s'agit de la chatte de Brenda. Elle avait disparut depuis ce matin. Je l'ai cherchée pendant plus d'une heure. Et elle était là depuis tout ce temps.

– Bien, maintenant que vous l'avez retrouvée, on va pouvoir tourner cette scène correctement. Sauf si c'est trop demandé de vouloir avoir au moins une scène correcte aujourd'hui ! Ah, Brenda, enfin vous voilà. Laissez votre chatte tranquille et préparez vous pour votre scène. Celle où vous êtes poursuivie par le robot en fonte.

– J'ai pas envie de courir, moi. Je viens de faire de la gym pendant près de deux heures. Je suis crevée.

– Pas de discution et préparez-vous. On tourne cette scène et c'est à vous. Tout le monde en place ! Silence. . . Moteurs . . .Action ! »

Par la fenêtre, on voit le soleil se lever. Louis avance d'un pas traînant vers le frigo et en sort une bouteille de lait. Il s'en sert un verre, range la bouteille et sort sur le perron pour le boire. Le jour se lève sur un décor en carton représentant des champs mal peints où des maïs bleus côtoient du blés vert. Derrière lui, une silhouette se déplace avec un fort bruit de ferraille.

Ne s’étant rendu compte de rien, Louis retourne à l’intérieur et pose son verre dans l'évier. Il se dirige alors vers le couloir quand un bruit se fait entendre. D'un pas hésitant, il se dirige vers une porte et pose sa main sur la poignée ronde. Il inspire profondément et s’apprête à ouvrir quand le téléphone sonne dans la pièce voisine.

Louis hésite un instant et laisse retomber sa main. Il sort de la cuisine de son pas lent et tandis qu'on l'entend parler au téléphone, la forme sombre repasse devant la caméra avec son bruit de ferraille à chaque pas.

« Coupez ! Enfin une scène correcte. Et presque du premier coup. Merci Louis ! Je savais que je pouvais compter sur toi. L’expérience du vieil acteur est toujours là. Cela fait plaisir de t'avoir dans l'équipe, tu peux pas savoir.

« Passons maintenant à la scène avec Brenda. Donc je récapitule. Brenda, tu cours de ce point à ce point en criant et en levant les bras en l'air. N'oublies pas de les agiter. Toi, le robot médiéval, tu la suis en marchant. Mais tu marches aussi vite que possible. Tout le monde a bien comprit ? Alors en place. . .Silence . . .Moteurs. . . Action !

« . . .Coupez ! C'est quoi encore que ce bordel ? Non mais c'est pas vrai ! C'est l'une des scènes les plus faciles et vous trouvez le moyen de la saboter. C'est pas croyable ! Brenda, c'est quoi cette démarche ?

– Je vous l'avez bien dit que j’étais crevée car j'avais fais trop de gym.

– Expliques moi à quoi est due cette démarche ! On dirait que quelque chose t’empêche de serrer les jambes.

– C'est de la faute au producteur. Il m'y a mit le poing.

– . . .

– Je ne voulais pas mais il a dit que si je refusait, il me remplaçait par Betty. Et Betty, je peux pas la blairer. C'est qu'une pétasse cette fille.

– . . . calme, je dois rester calme. . . Et toi ? Robot alien ? Tu est en manque d’énergie. Il faut te changer les piles ? Que se passe-t-il ? Pourquoi avances-tu aussi vite que si tu tractais une voiture en côte ?

– Je voudrais bien vous y voir avec une armure médiévale en fonte rembourrée à la laine polaire avec une température de près de vingt degrés.

– Je viens de remarquer un truc. Dis moi si je me trompe , mes tes lumières n’étaient pas sensées être jaunes ? Pourquoi il y en a une blanche et une rouge ?

– Ca, c'est une idée à moi.

– Stagiaire éclairagiste, je t’écoute.

– Les ampoules ont grillées. Et comme nous n'avons pas le budget pour en racheter, j'ai mis celles que j'ai trouvé.

– Bien, je crois qu'il est temps que j'ai une discution avec notre cher producteur.

– Cela ne va pas être possible, Monsieur Chance.

– Et pourquoi cela, monsieur l’assistant ?

– Il vient juste de partir avec sa porche. Il a un rendez-vous avec un vendeur de yacht. Il envisage de s'en acheter un de dix-huit mètres de long avec piscine.

– Ca y est ! Je sature ! Vous lui direz que je me tire ! J'ai réalisé « Les cinq nains vont au bois », « La balançoire maudite » et « Hercule contre les betteraves mutantes ». Je suis un grand réalisateur et je ne peux pas travailler dans de telles conditions. J'ai une réputation, moi. Je mérite mieux et je me casse ! »

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MessagePosté le: 01/07/2013, 07:31    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

Numéro 2 : Errance


Par une nuit sombre, sans nuages, dans les ténèbres des deux lunes, elle cria. Autour d'elle, plus aucun bruit. Juste le silence, pesant, étouffant. Elle était seule dans un lieu inconnu et inquiétant, perdue avec uniquement quelques sensations étranges. Trop peu de souvenirs à propos des événements précédents. Rien d'assez précis pour qu'elle puisse comprendre la situation. Tout n'était que chaos, tant dans sa tête que devant ses yeux, quoi qu'elle fasse. Mais surtout, il y avait ce sentiment d'incompréhension, plus intense que jamais. Pourquoi ? Elle ne le savait pas. Tout était flou et lointain, pourtant si proche... Mais son esprit était assailli de pensées ne menant à rien et elle n'arrivait pas à reprendre ses marques, comme si elle ne pouvait plus penser. Que lui arrivait-il ? Elle regarda autour d'elle, mais ne trouva pas la réponse. Et personne n'était là pour l'aider. Aucune âme qui vive à des lieues à la ronde, rien. Tout ce bois n'était qu'un vaste désert. Pas même le hululement d'une chouette au lointain ou le vent dans les arbres. Rien. Est-ce que tout était mort ? Est-ce qu'elle était morte ? Elle ne savait pas.

Elle tenta rapidement d'y réfléchir et non, tout cela paraissait trop réel pour qu'elle ait rejoint Dolurrh. Pourtant... son influence était palpable. Elle en était certaine, elle la sentait. Était-ce ce bois ? Ce jour ? Autre chose ? Là encore, des interrogations sans réponse.


Perdue et ayant l'impression de ressentir de la peur, elle commença à marcher, espérant trouver un endroit connu. Ses pieds foulaient le sol jonché de feuilles humides, la rosée se formant déjà. Mais elle ne le remarqua même pas. Pas plus que la brise pourtant fraîche qui lui effleurait la peau. Tout cela semblait irréel. Un rêve éveillé, un cauchemar. Sa perception des choses était complètement chamboulée, changée par un élément qui lui était inconnu.


Sentant la panique monter en elle, elle se mit à courir. De temps en temps, un vague rayon de lumière éclairait ses pas avant que ces lieux ne retombent dans les ténèbres dans lesquelles ils étaient plongés. L'atmosphère qui planait là autour d'elle était grave, glaciale, empreinte de sinistres présages. Plus les secondes passaient, plus cela se faisait sentir. Aucun bruit ne se faisait entendre, pas même quelques oiseaux ou autres bruits inquiétants dans les buissons alentours. Rien. Seulement le silence, encore. Mais où était-elle, enfin ? Son calme se dissipait au profit d'un nouveau sentiment : la peur de l'inconnu, de cette situation qu'elle ne comprenait pas. Jamais elle n'avait ressenti pareille chose. Elle pensait être en plein délire. Étaient-ce les mordrei'in et leurs vapeurs qui lui faisaient un tel effet ? Peut-être. Tout ce bois en était rempli et... le dernier souvenir qu'elle avait faisait finalement référence à ces feuilles dont l'odeur emplissait une pièce familière mais qu'elle peinait à se remémorer en détail.

Soudain, comme si plus rien ne se passait autour, elle s'arrêta et tenta de se rappeler de ce bout de souvenir qui lui était si soudainement revenu. C'était flou mais au moins elle avait quelque chose : un jour bruyant, très agité, une excitation inhabituelle, des odeurs et sensations désagréables, de vagues paroles entendues, des visages familiers, et puis plus rien. Elle tenta de remonter plus loin, d'avoir plus de précisions, mais elle n'y parvint pas. Le chaos régnait dans sa tête, elle n'arriverait à rien cette nuit. Elle s'en rendit compte, déçue, qu'une vague de tristesse la submergeait. Que s'était-il passé en ce lieu pour qu'elle ait le sentiment d'avoir tout perdu ? L'avait-elle rêvé ? Peut-être. Mais cela ne lui expliquait pas comment et pourquoi elle s'était retrouvée là, seule au milieu d'une forêt inconnue.


Elle n'avait pas d'autre choix que d'essayer de trouver un endroit où aller. Elle avait une très vague idée du lieu où elle pouvait être. Enfin, elle se doutait qu'elle n'avait pas quitté son île. Ce n'était pas une certitude, mais c'est ce que la présence de mordril lui suggérait. Après tout, d'après ce qu'elle en savait et arrivait à se remémorer, cet arbre ne poussait que sur sa terre natale. Enfin, elle pensait que c'en était. Elle n'en était pas sûre, le manque de lumière et d'odeurs ne l'aidant pas à déterminer cela avec précision. Elle allait devoir attendre qu'Irian inonde à nouveau l'île de sa lumière. Mais quand ? Elle ignorait depuis combien de temps elle était là à errer et quel moment de la nuit il était. Une seule chose était certaine, elle avait l'impression que cela faisait une éternité qu'elle s'était éveillée dans ce cauchemar.


Son errance mentale prit fin lorsque des bruits au loin se firent entendre. Plus redoutables encore que le silence qui avait précédé. Comme une armée qui balayait la forêt, à la recherche de quelque chose. Des sons, clairs mais lointains, se rapprochant. Si elle n'était pas rassurée en ce lieu quand le silence pesait, elle commença à regretter ce moment. Là elle ressentait vraiment la panique. Son esprit fut soudain envahi par des images d'horreur : un chaos bouillonnant sous ses yeux, un champ de bataille sans nom, les ténèbres d'une nuit sans fin s'abattant sur elle comme si toute lueur d'espoir s'était envolée pour laisser place au deuil. Était-ce le fruit de son imagination, des souvenirs d'un récit de son enfance ou une vision d'une réalité inconnue ? Elle n'avait pas le temps d'y réfléchir. Le bruit se rapprochait et elle n'était pas certaine de vouloir découvrir la raison de ce qui ressemblait à une traque en cette heure apparemment tardive. Seule et n'ayant aucune compréhension lucide de la situation, elle entreprit de fuir. Elle espérait que cela n'était pas un de ces cauchemars dans lesquels une course sans fin s'engage et qu'elle sortirait rapidement de ce mauvais rêve. En tentant d'être la plus discrète possible, elle rebroussa chemin, essayant de s'éloigner le plus possible de ces bruits. Mais c'était peine perdue... ils avançaient trop vite. Peut-être sa perception des choses était-elle déformée, mais elle avait la sensation qu'ils étaient sur ses talons. Mais pas seulement. Car d'autres bruits se firent entendre, venant d'en face. Une grande chasse. Voilà à quoi ressemblait la situation. Et elle était au milieu. Et si elle était la proie ? Mais pourquoi le serait-elle ? Plus les secondes s’égrainaient, plus les chasseurs se rapprochaient et plus ses visions se faisaient intenses. Les bruits se firent soudain plus pressants, ils l'encerclaient à présent. Elle était seule face à l'inconnu. Des lumières ne tardèrent pas à se faire voir, laissant entrevoir des silhouettes décharnées, marchant comme un seul homme dans sa direction avec pour seul son celui de leurs pas. Les rais de lumière éclairaient tout d'abord les mordril puis parvinrent jusqu'à elle, léchant sa peau qui avait à présent, par endroit, comme un motif, une lueur bleutée. Elle irradiait littéralement d'une magie antique... Elle se surprit à contempler un instant cette chose qu'elle n'avait jamais vue. Quand elle releva les yeux, elle put constater avec horreur un petit détachement de la Garde Funèbre qui brandissait leurs cimeterres au-dessus de leurs têtes et frappèrent, la touchant. Là, plus rien.


Finalement, tout cela n'était qu'un mauvais rêve. Elle en sortit dans un lieu bien différent, mais pas familier pour autant. Une terre gelée où la végétation était loin d'être aussi intense que sur son île, des pics enneigés, des côtes battues par vents et marées, une brume qui donnait à l'endroit des airs à la fois inquiétants et mystérieux. Voilà le paysage qui se dressait devant elle. Au moins, même si ce lieu lui était parfaitement inconnu, il ne semblait pas aussi hostile que celui qu'elle venait de quitter dans son cauchemar.

Elle resta un moment, pensive, à contempler tout cela. Un sentiment de sécurité la gagnait peu à peu, la rassurant et lui faisant oublier la peur qui avait pris possession d'elle quelques instants auparavant. À sa gauche, sur le bord de la paroi rocheuse surplombant la mer, se trouvait un immense bâtiment en pierre comme elle n'en avait jamais vu. Des tours s'élançaient telles des flèches vers le ciel nuageux, la base était solide et anguleuse. Pour elle qui n'avait jamais imaginé qu'une telle chose soit possible, elle aurait même pu qualifier tout cela de chaotique. Mais malgré ce sentiment étrange généré par la vue de quelque chose de nouveau, cela n'était pas désagréable ou menaçant, au contraire. Elle avait même l'impression de retrouver en ce lieu l'ambiance calme et apaisante de son île natale. Tout était tellement différent mais, quelque part, elle n'était pas dépaysée. Peut-être allait-elle devoir rester ici. Jusqu'à quand, elle ne le savait pas. Mais elle sentait que si elle voulait rentrer chez elle, elle n'y arriverait pas dans l'instant présent. Elle ne savait même pas où elle était par rapport au Repos d'Aëren. Mais elle avait le sentiment que ce n'était peut-être pas une mauvaise chose. Car si dans son cauchemar elle avait eu la désagréable sensation d'être la proie de ces chasseurs, cela ne l'avait pas quitté et que cela n'était peut-être pas une illusion. Maintenant qu'elle était tranquille et seule, surtout, elle pouvait espérer penser et comprendre tout cela.

Tout semblait déjà plus clair dans ses pensées quant aux derniers événements auxquels elle avait assistés. Non seulement il y avait cette errance sans fin aux arrière-goûts de course poursuite, mais ce n'était pas tout. Ce qu'elle avait réussi à qualifier mentalement de jour étrange et de sensations désagréables se précisait. Oui, elle commençait à se souvenir :

L'agitation régnait autour d'elle. Elle revoyait les siens en proie à la peur et à l'angoisse, luttant pour leur vie contre des choses qu'elle n'avait pas pu voir. Debout face aux portes de la cité d'où elle essayait d'avoir une vue globale de la situation, elle se sentit soudain tirée vers l'arrière, attrapée par le bras. Deux personnes familières l'entraînaient vers l'intérieur de la demeure, loin de l'agitation soudaine. Elle eut à peine le temps de comprendre ce qui se passait qu'elle avait été menée dans la partie du bâtiment qui abritait le temple dans lequel flottait, comme à l'accoutumée, des odeurs de mordrei'in bien plus âcres encore que l'infusion qu'elle avait bue quelques instants auparavant. Rien de bien étonnant car, à cette période de la journée, les rituels étaient en préparation. Mais il y avait quelque chose d'étrange dans tout ça, quelque chose d'inhabituel. Sans doute l'agitation due à des événements qui semblaient remuer la communauté. Elle aurait bien aimé comprendre ce qui se passait, entendre quelques informations, même par bribes. Mais personne ne parlait. Elle se rendit alors compte que le silence était lourd et pesant, presque menaçant. Même si dans la petite salle du temple elle retrouvait des visages familiers, leur air grave faisait qu'ils ne mettaient pas en confiance. En réalité, elle était tiraillée entre l'incompréhension et la panique. Mais le premier sentiment dominait. Elle les regardait, cherchant dans leurs yeux inquiets des réponses. Mais elle n'en trouva pas. Ils étaient aussi froids que les pierres ancestrales de la capitale, aussi sinistres que l'Empreinte des Ombres, le Sanctuaire ou même un puits. Et pourtant, malgré cette ambiance morbide et pesante, une douce lumière irradiait l'île. Voilà qui était encore plus inhabituel et pas pour autant moins inquiétant.

Elle se souvint être revenue à la réalité lorsque des voix familières lui ordonnèrent quelque chose d'étrange : s'allonger sur l'autel qui servait habituellement aux rituels. Quelle mouche avait bien pu les piquer pour s'entendre demander cela ? Même si elle sentait qu'elle n'avait d'autre choix que d'obtempérer malgré le fait qu'elle n'en avait pas la moindre envie, elle ne put s'empêcher de remarquer une certaine tristesse dans la voix de cette elfe au visage habituellement si calme et à présent si tendu. Qu'est-ce qui se préparait qui pouvait la mettre dans un tel état ? D'autant plus que cela semblait également affecter la seule personne qui était restée dans la pièce, un elfe avec qui elle avait un lien particulièrement fort. Alors qu'elle s'exécutait dans la demande qui venait de lui être faite, elle les vit s'échanger quelques regards et lut une peine sans nom dans leurs yeux avant de les voir hocher la tête en même temps. Aucune parole ne fut prononcée, si ce n'est quelques mots qui avaient pour but de la rassurer, elle qui s'était retrouvée là, allongée sur l'autel sans aucune explication. La pierre était froide, elle réalisait là qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de s'en rendre compte auparavant ou qu'elle n'y avait pas prêté la moindre attention. Elle attendit là quelques instants qui parurent durer une éternité, le dos se gelant progressivement au contact de la roche noire sur lequel il reposait. Puis, très vite, il y eut un peu d'agitation, des paroles. Mais apparemment pas adressées à elle. Elle regardait autour, relevant parfois la tête pour essayer d'en voir plus. Mais il n'y avait rien. Rien sinon cet étrange motif régulier et aux couleurs tendant vers le bleu qui lui parcourait la quasi intégralité du corps depuis maintenant quelques jours. Se rendre compte à nouveau qu'il était là accapara son attention un moment, occultant tout ce qui se passait aux alentours. Du bout des doigts, elle effleura timidement et avec une gêne dans ses mouvements son épaule droite, recouverte de ce symbole. Sa peau semblait chaude, brûlante à cet endroit. Était-ce une illusion, un contraste entre sa chaleur corporelle et le froid de l'autel ? Ou cette marque rendait-elle son corps bouillant partout où elle passait ? Car, à bien y réfléchir, elle avait bel et bien la sensation d'avoir la peau anormalement chaude. Elle jeta alors un regard interrogateur aux deux elfes, mais ceux-ci semblaient finalement affairés à la préparation d'un quelconque rituel qu'elle n'avait jamais vu. Elle avait peur. Que préparaient-ils ? Toujours aucune réponse si ce n'était quelques paroles mystiques qui sortaient de leur bouche. Elle pensa alors à s'enfuir, mais elle se surprit à ne pas pouvoir bouger. Elle lutta un moment, se débattant intérieurement afin de s'extirper de cette situation qui devenait de plus en plus effrayante avant de se rendre à l'évidence : elle était piégée. Elle regretta soudain d'avoir laissé ses pensées divaguer sur cette marque qui lui couvrait le corps, se disant que si elle était restée attentive, elle serait probablement déjà en train de prendre ses jambes à son cou. Mais non. Elle ne pouvait plus qu'assister, impuissante, à ce qui se tramait. C'était effrayant et la tristesse qu'elle pouvait lire dans les regards que s'échangeaient parfois ses proches allaient dans ce sens. Que faisaient-ils ? Elle les voyait parfois se saisir d'instruments qu'elle ne parvenait pas toujours à identifier. Parfois un symbole sacré, une pierre, des parchemins... le tout dans des incantations à glacer le sang et dans un décor plus sinistre que jamais. Elle voyait du coin de l’œil le sol et les bords de l'autel décorés de symboles magiques faits à la craie et qui semblaient dénoter une magie puissante qui allait être mise en place. Mais elle ignorait ce que cela signifiait. Elle était bien trop jeune encore pour connaître tout cela, ce qui faisait pourtant partie intégrante de l'histoire familiale et de leur culture.

Elle voulut soudain hurler, pleurer sous l'emprise de la terreur qui prenait possession d'elle. Mais aucun son ne sortit de sa bouche. Apparemment, cette tentative fut perçue par l'elfe aux cheveux noirs et aux reflets d'émeraude car il s'approcha d'elle avec un air presque paternel et tenta difficilement de lui sourire. « Tout ce qui touche à la vie renaîtra sans cesse », dit-il soudain alors qu'il touchait à son tour la marque qui lui parcourait le corps. Elle sentait ses doigts l'effleurer plus que jamais, comme si ses sensations étaient décuplées par la peur. Quant à cette phrase, elle la connaissait bien, elle l'avait entendue de nombreuses fois. Il s'agissait d'un ancien proverbe dont elle avait oublié l'origine. Mais elle peinait à comprendre pourquoi il le lui disait dans ces circonstances. Elle songea à demander avant de se rappeler qu'elle était comme paralysée. Cela n'aurait peut-être servi à rien, il s'était déjà retourné et semblait être parti se saisir d'une pierre d'émeraude qu'il venait lui présenter, sans explications supplémentaires. Il la posa alors sur son ventre avant de revenir à ses incantations.

La suite lui parut à la fois une éternité et une fraction de seconde, elle n'avait pas su l'évaluer sur le moment et n'y arrivait toujours pas. Les paroles arcaniques qu'avaient prononcé les deux elfes avaient fini par façonner une magie, sombre et froide comme la pierre sur laquelle elle gisait. La salle résonnait de leurs chants funèbres et les odeurs des mordrei'in commençaient à faire leur effet sur elle. Elle avait l'impression de défaillir. Une vive douleur lui envahit soudain tout le corps et elle eut l'impression de sombrer peu à peu, mais elle était encore consciente. Elle eut tout de même le temps d'apercevoir les visages emplis de chagrin des deux elfes, puis d'entendre des cris déchirants derrière la porte. Cette dernière vola soudain en éclats, l'un de ses proches disparut laissant seule l'elfe qu'elle avait toujours connue... La magie invoquée précédemment ne fit plus qu'un avec elle, pénétra ses chairs dans un froid mordant. Elle se sentit partir, comme rejoignant Dolurrh.

Voilà tout ce dont elle réussissait à se souvenir d'avant son rêve dans la forêt. Elle était à présent là, assise sur un rocher dans cet environnement qu'elle ne connaissait pas, avec dans l'esprit le goût amer de trahison, d'abandon et dans la bouche celui des mordrei'in. Elle leur en voulait... Mais ce n'était pas envers ceux qui avaient -semble-t-il- procédé à elle ne savait quelle expérience sur elle qu'elle en avait, mais envers son peuple. Au fond d'elle, elle pensait qu'ils étaient responsables de ce qui venait de lui arriver et elle leur en tenait rancune, au moins d'avoir laissé faire les horreurs qui avaient dû générer ces hurlements qu'elle avait entendus. Dès qu'elle aurait retrouvé ses forces, elle retournerait au Repos d'Aëren, s'informerait de la réalité de la situation et prendrait -s'il avait lieu d'être- sa vengeance...

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MessagePosté le: 01/07/2013, 07:33    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

Numéro 3 : Le chant des vagues - Prélude du Grand Eveil


Parfois, la vie prend une tournure inattendue qu'on aurait préféré éviter. Inexorablement, on a beau retourner dans tous les sens les choix faits, rien ne présageait un tel danger et rien ne pouvait l'empêcher d'arriver, si ce n'est l'acceptation de l'ignorance, la prudence du faible... Je détourne le regard du corps inerte de John, le regard froid, inexpressif, la langue sèche, pendante et le visage creusé par ces semaines de captivités. L'odeur, j'ai fini par m'y habitué... Je fais un tour rapide de la cellule, mon refuge, avant ma fin qui ne saurait tarder. Creusée à même dans la roche humide du bord de plage, elle offre une vue remarquable sur le ciel, par une ouverture en surplomb, malheureusement inatteignable. Mon regard se perd dans la profondeur de cette nuit sans étoile, mes mains poisseuses caressent distraitement le sable humide mêlée de mousses à mes pieds, tandis que mon esprit se remémore l'ensemble des actions qui ont mené à ma perte. Je souris presque de l'ironie, car cette histoire commence, comme elle finit, avec un cadavre...


John McFeld et moi-même avons été appelés pour enquêter sur un meurtre présumé plutôt étrange. En nous rendant sur les lieux du crime, la maison de la victime, je sors machinalement mon carnet de notes pour y inscrire les premiers éléments qui me viennent à l'esprit. Pas de signe d'effraction visible au niveau de la porte ou des fenêtres alentour.

La porte d'entrée s'ouvre, alors que deux brancardiers emmènent le corps de la victime, M. Ray Taylor, à la morgue. Deux policiers s'affairent à gérer le flux des passants curieux, qui s'accumulent autours de la maison, malgré l'heure matinale de 5 heures.

Une voix féminine m'interpelle dans la foule. La journaliste stagiaire au Chicago tribune, Elisabeth Cornwoo s'agite derrière un des policiers. Je demande à l'officier de la laisser passer. Nouvelle en ville, nouvelle dans le métier, elle a réussi à obtenir l'autorisation de suivre des enquêtes policières pour étoffer son stage. Heureusement pour elle, son oncle, un politique influant dans la ville, est là pour lui ouvrir les portes, qui restent closes pour la plupart du commun.

La jeune femme, blonde, le cheveu bouclé, une fine bouche rose, le visage ovale, plutôt mince et loin d'être stupide, contrairement aux apparences qu'elle semble mettre en avant volontairement, s'approche de nous d'un pas nonchalant.

Une fois à l'intérieur de la maison, le commissaire Elijah Radfield, imposant par sa carrure et sa voix forte, vient à notre rencontre.


– « McFeld, Aaron... Mademoiselle... On va faire court. Le meurtre a eu lieu tardivement dans la nuit. C'est un voisin qui a entendu les hurlements de la femme de la victime aux alentours d'une heure du matin. Pas de trace d'effraction, ni de bagarre ou de coups apparents sur le corps. Le légiste va procéder à des examens pour connaître la cause du décès.

– En quoi est-ce un meurtre? Il pourrait tout aussi bien s'agir d'un accident... Demande John au commissaire en plissant le front pour accentuer son air sceptique.

– La femme de la victime, Mme Taylor, a avoué le meurtre. Elle a été emmené, choquée, à l'hôpital De Ste Catherine, au nord de la ville. En dehors de ces mots « je l'ai tué... », nous n'avons rien pu savoir de plus sur le pourquoi ni le comment. Un voisin l'a entendu hurler et a appelé la police. »


Je fais un tour dans la pièce tandis que McFeld continue à prendre notes des informations du commissaire. De nombreux objets exotiques tapissent les étagères, d'autres sont posés

sur un socle sous vitre. Elijah nous informe, sans plus de détail, que M. Taylor était professeur à l'université de Chicago, au département d'anthropologie.

Je regarde le tapis sur lequel la victime a été retrouvé et autours. Rien de particulier hormis une pièce, un peso, mexicain si je ne me trompe pas, sous un fauteuil, mais cela n'a probablement aucun lien avec l'affaire.

McFeld et moi-même décidons de nous rendre en premier lieu à la morgue, afin d'en apprendre d'avantage sur les causes du décès tandis que Mlle Cornwoo se rend à l'université de Chicago afin d'en apprendre d'avantage sur notre victime.

Le légiste semble formel, il s'agit d'une mort naturelle, pas d'un meurtre présumé. Aucune trace de poison, ni de contusions, hématomes ou autre signe de blessure. Je me tourne vers le corps. La victime, allongée sur la table, paraît vouloir dire quelque chose, affichant une expression de terreur, les yeux grands ouverts ainsi que sa mâchoire, démesurément grande. Tout porte à croire que l'homme est mort, d'un infarctus ou autre. Je remarque un étrange symbole, tatoué sur la paume de sa main gauche. Drôle d'endroit pour un tatouage. Le légiste avoue ne pas l'avoir remarqué jusque là, malgré une autopsie des plus minutieuse.

En me souvenant du tatouage sur la main, je regarde machinalement la mienne. La même marque encrée sur ma paume me fait frissonner. Je me demande alors si le professeur l'avait pour les mêmes raisons que moi et le souvenir de sa femme me revient... Mme Taylor! L'avait-elle aussi? Il ne lui ai jamais venu à l'esprit de le vérifier...

L'hôpital... Mme Taylor, une femme qui devait être belle et élégante hier encore. Choquée, sous médicament, incapable de fermer des yeux terrorisés. Elle pourrait avoir 70 ans et être prise de démence que ça n'étonnerait personne. La discussion avec elle est assez difficile, si ce n'est impossible. Une heure de tentative de discussion et interrogation plus tard, nous finissons par comprendre que son mari est rentré tardivement de son travail hier soir. Il apportait avec lui, un colis, qu'il venait de recevoir de son assistant, Gill Golsin, travaillant actuellement sur un site de fouilles sur la côte est du Mexique, à l'est de Matamoros. Monsieur Taylor semblait contrarié par un événement qui s'était déroulé sur le site mais n'en parla pas plus à sa femme. Il ouvrit avec soin le colis. A l'intérieur, plusieurs objets avaient été soigneusement emballés dans du papier journal. Il ouvrit le premier, une sculpture sur os, représentant le visage d'un homme poisson, puis le second, un couteau en pierre, sculpté et aiguisé, sur lequel des inscriptions étranges avaient été gravés. L'ossature de l'objet rappelait celle d'un squelette de poisson. Il allait pour sortir un troisième objet de la boîte lorsqu'il reçut un appel. Il paraissait inquiet et après avoir raccroché, il repartit avec sa voiture.

Je souris tristement à ce souvenir. Le couteau, la sculpture! Nous nous sommes focalisés sur tout ce qui était visible, prévisible. Finalement, c'était les non-dits et les objets cachés qui nous auraient peut-être évité ce triste sort... Le troisième objet était le plus important...

Mme Taylor nous explique, le corps hoquetant de sanglots réprimés et le visage déformé par l'effroi, qu'elle se coucha tardivement, lasse d'attendre le retour de son mari. Dans la nuit, elle fit un rêve étrange dans lequel une ombre à ses côtés lui commandait de prendre le couteau étrange. Une fois dans ces mains, elle ressentait une puissance inimaginable lui
traverser le corps, sensation jouissive de pouvoir. Elle contemplait l'objet avec un sourire béat, lorsque son mari ouvrit la porte. D'un mouvement rapide, elle se précipita sur lui pour le poignarder. La sensation fut encore plus intense. Elle se réveilla en sursaut à ce moment là. Malgré les sensations agréables durant le rêve, le meurtre imaginé de son mari la terrifiait. Dégoulinant de sueur, elle se leva pour se diriger dans la salle de bain afin de se rafraîchir. Une sensation de faim lui tirailla alors l'estomac. En se dirigeant dans la cuisine, elle traversa le salon et c'est là qu'elle découvrit son mari, les yeux et la bouche, grands ouverts, allongés sur le sol, mort. Puis ses souvenirs devinrent confus à partir de là. Elle se souvenait vaguement avoir crié, s'être effondrée, avoir eu peur également de quelque chose. Puis elle se retrouva à l'hôpital. Par la suite, lorsque mon collègue la questionne sur le colis et son contenu ou ce qui a bien pu l'effrayer, Mme Taylor le regarde avec un regard vide et marmonne des mots incompréhensibles puis sombre dans un sommeil tourmenté.

McFeld contacte le commissaire, qui confirme qu'aucun poignard, ou autre arme blanche n'a été retrouvé sur le lieu du crime. De plus, le médecin légiste n'a retrouvé aucune trace de blessure par arme blanche sur le corps. La pauvre veuve a du faire un lien entre son rêve et la mort tragique de son mari. La thèse du meurtre s'écroule petit à petit. Bien que McFeld explique à Mme Taylor que son mari est probablement décédé suite à un arrêt cardiaque, elle ne semble pas en tenir compte. Elle répète avoir vu du sang, partout, et que derrière le miroir... il la regardait...

Maintenant, je sais comment on peut tuer dans un rêve... Je regarde John et le souvenir fugace du cauchemar, de l'ombre derrière moi, du couteau, forcé de prendre, de la puissance ressenti lorsque le spectre ténébreux entrait dans mon corps, me possédait... Je ne l'ai pas tué, je refuse de penser cela... Pourtant, le corps putréfié de John me dit le contraire...

Nous quittions l'hôpital, las de cette enquête insipide, pour nous diriger à notre bureau. Nous retrouvons alors Mlle Cornwoo qui revient de son entrevue avec un élève du professeur Taylor.

Elle nous apprend que M. Taylor effectuait depuis près de 15 ans des recherches en anthropologie et ethnologie autours de certaines civilisations côtières de l'Atlantique des trois continents qui l'entourent. D'après sa thèse principale, ces civilisations présenteraient des similitudes en ce qui concerne les mythes, croyances et rituels malgré leur éloignement géographique conséquent. Il aurait publié de nombreuses revues scientifiques sur les liens entre ces civilisations et des hypothèses sur la possibilité qu'un commerce ait pu exister entre ces civilisations, que les continents étaient peut-être plus proches qu'aujourd'hui ou encore qu'il pourrait y avoir une civilisation maritime nomade maritime, qui aurait sévi sur l'Atlantique et aurait semé les bases de ses croyances. Il publia une thèse également sur les obélisques à la gloire de dieux marins notamment, jonchant les plages, des rites classiques autours des éclipses de soleil avec la particularité d'immolations consentantes de personnes qui plongent dans un feu gigantesque avant de se précipiter vers l'océan, offrant leur corps aux divinités subaquatiques.

Plus récemment, il étudiait les relations et corrélations entre plusieurs civilisations sur des rites sacrificiels voués au culte d'une divinité liée à la folie. Il étudiait notamment le processus des rites et était à la recherche des représentations de cette divinité qui jusque là n'avait pas été trouvées.

Le professeur Taylor faisait également des recherches en secret, l'université n'ayant pas consenti à lui donner le budget pour celle-ci, basée sur l'hypothèse d'une résurgence actuelle des rites depuis quelques mois, voire années, pratiqués par plusieurs civilisations éloignées. Le professeur Taylor cherchait à comprendre l'origine de cette résurgence soudaine. Il aurait pris des notes sur ces recherches. Le jeune étudiant la recontactera une fois ces notes retrouvées.

Cependant, Élisabeth nous rapporte des faits troublants. Lorsqu'elle évoque le site de fouille sur lequel le professeur Taylor travaille en ce moment, l'élève lui apprend qu'il y a eu des incidents tragiques récemment. Deux personnes sont mortes, une, ensevelis dans le sable alors qu'ils venaient de trouver l'entrée de ce qui pourrait être un tombeau ou un sanctuaire. Un autre, après avoir creusé à nouveau à cet emplacement. Malgré de grandes précautions prises lors de l'ouverture, trois personnes ont été prise de folies et d'hallucination dans la nuit, dont une qui a été retrouvé brûlé et noyé. Les deux autres ont été sauvés car ils ont été attachés et surveillé durant la nuit puis rapatriés aux USA, et admis à l'hôpital psychiatrique le plus proche.

Le professeur Taylor aurait décidé de stopper les fouilles mais comptait se rendre sur place prochainement. L'équipe de l'université n'a pas réussi à contacter les membres encore sur place depuis une semaine.

Une pensée me vint à ce moment de l'affaire, nous nous éloignons fortement de l'objet de l'enquête et que toutes ces recherches, bien que troublantes, allaient bien trop loin, pour un simple arrêt cardiaque et une crise de mélancolie d'une femme, anéantie par le chagrin.

J'aurais du m'en tenir à cela. Le pragmatisme de l'enquête policière. L'affaire close, je serais à cette heure-ci, tranquillement en train de dormir dans mon lit chaud et confortable, au lieu de respirer l'air saturé de putréfaction de cet endroit maudit. Une vague d'eau glaciale explose soudain sur les rochers au-dessus de ma tête, m'extirpant brutalement de mes rêveries, et ruisselle faiblement sur les parois de la grotte. Une deuxième, plus forte, déverse un torrent d'eau salée et le niveau de l'eau monte quelques instants avant de s'évanouir dans le sable. La marée monte! Je me lève et tourne mon visage vers l'ouverture du haut au moment où une troisième vague se déverse dans la grotte. Avec de la chance, qui m'a fait défaut jusque là, si la grotte se remplit d'eau, je pourrais peut-être atteindre la sortie. Plusieurs vagues s'enchaînent et l'eau monte jusqu'à mes chevilles. Sans le vouloir, mon regard se tourne vers le corps inerte de John, qui happé par le remous, glisse lentement sur le côté, la tête dodelinant sous le poids de l'eau qui se déverse, puis plonge la tête la première, la langue toujours pendante. Si je me sors de ce trou, je reviendrais te chercher pour te donner une sépulture descente, John. Je te le promets...

L'enquête est terminée, même si elle laisse un sentiment palpable de frustration, il faut l'admettre, il n'y a rien à enquêter. Alors que je rédige le rapport dans mon bureau, je reçois un message du médecin légiste qui souhaite nous parler d'analyses plus poussées effectuées, présentant des résultats particuliers. Pas plus de détail... Je préviens John et décide de faire un aller-retour jusqu'à l'hôpital pour éclaircir cette découverte avant d'achever mon rapport final.

Mlle Cornwoo, elle de son côté, poussé par la curiosité de tant d'éléments étranges, décide d'enquêter de son côté et retourne à l'université.

Je n'ai jamais su ce que le médecin légiste avait à nous dire. Frappé par la même folie que Mme Taylor, mais je suppose que cela avait un rapport peut être avec cette foutue grotte dans laquelle je me trouvais... Les deux semblent répéter qu'Il revenait et exigeait un sacrifice... Et le corps, évidemment, la pièce centrale du puzzle, avait disparu.

Mlle Cornwoo me recontacte dans la soirée, alors que le rapport est terminé, classé et transmis plus haut, car l'enquête dépasse les limites de mon district. Elle semble tout excité et inquiète en même temps. N'ayant pu s'entretenir avec l'étudiant, elle s'est alors introduite dans le bureau du Professeur Taylor. Sa fouille lui a permis de découvrir cette note :

L'équipe au Mexique est en danger, comme nous autre. Je vais prévenir au plus tôt mon équipe de revenir à Chicago. Je ne compte pas en rester là, mais nous devons nous écarter du danger pour qu'il nous oublie. Je devrais recevoir un colis sous peu avec des pièces intéressantes. Je me suis rendue au commissariat pour avertir les autorités mais ils m'ont ri au nez et m'ont suggéré de modérer ma consommation de whisky un temps pour retrouver les idées claires. Ces flics sont vraiment bêtes. Un ami vivant dans un petit village près de Houston m'a indiqué qu'une congrégation étrange avait fait jour et se rendait périodiquement dans une grotte sur la jetée afin de réaliser des rites étranges. Jonathan m'a confié qu'ils faisaient des rêves étranges depuis quelques temps et se sentait suivi. Je vais me rendre dans cette grotte sous peu pour y découvrir ce qu'il s'y trame.

Voilà! Voilà le moment clef de l'histoire! Celui où le choix du chemin que l'on décide de prendre est déterminant. C'est ce choix, à ce moment là, qui m'a amené ici! Ce message représente le carrefour de l'enquête, là où il fallait décider d'arrêter les investigations et ne voir que l'enchaînement de coïncidence ou alors essayer de recoller les morceaux du puzzle... Si quelqu'un fait le même chemin maintenant, peut être que j'ai une chance encore.

Au même instant où je pense cela, j'entends du bruit... Ils sont là.

Plus attentif, j'aurais senti leur odeur répugnante avant même de les entendre venir à moi. Affublés de leur costume cérémoniel, entre ridicule et effrayant, ils me somment de sortir de la grotte et de les suivre, dans un dialecte incompréhensible, complété par des gestes grotesques. Efficace la panoplie pour vous retourner les sens, on dirait presque des vrais...

Sur la jetée, j'aperçois les silhouettes de ces créatures, un peu partout autours de moi. Il faut que je l'accepte, même si tout cela me semble impossible, ce ne sont pas des humains déguisés, mais j'ignore qui sont ces choses et d'où elles viennent.

J'entends un cri, bref, suivi d'un son sourd, me tourne et aperçoit une de ces créatures, armée d'un morceau de planche de bois, et sous elle, Mlle Cornwoo, nue et sale, le visage tourné sur le côté, du sang séché sur son visage, les yeux clos. La créature, immobile jusque là, se met alors à crier dans leur langue étrange, rauque et abyssale, tout en exécutant une série de mouvements de jambe et de bras. Une sorte de danse désarticulée... Le spectacle est dérangeant. Alors qu'un sentiment de malaise s'empare de
moi, malgré le fait que je ne peux m'empêcher de regarder, je vois soudain la créature agripper le corps inerte de la journaliste et, son sexe immonde en érection, la pénètre à la vue de tous, sans aucune pudeur. Sûrement un de leur rituel barbare...

Je détourne les yeux et fait face au mien... C'est terminé pour nous. Plus personne ne viendra et si c'est le cas, il sera trop tard. Il est déjà trop tard. Je sens mon esprit partir. Après ces semaines de captivités, et toutes ces abominations vécues, je sens que la folie s'empare de moi. Je me mets à rire nerveusement en voyant ce qui m'attend. Je me rappelle avoir ri, pleuré aussi, dans la grotte. J'ai divagué et perdu un peu la notion du temps... J'ai tué John dans mon sommeil... Mais là, c'est différent. Je sais ce que je dois faire et l'ombre n'est pas là pour me guider.

Je vois le feu devant moi qui s'anime furieusement. J'attends que mes tortionnaires aient fini de me lacérer le corps, prémisse de leur rituel d'offrande, pour m'élancer dans le feu. Les flammes m'enlacent alors, me réchauffent et me brûlent. Ma peau noircit, se craquelle. Avant que la vie ne s'échappe définitivement de mon corps, je sors du brasier et court, perdu, jusqu'à l'Océan. Le contact de la première vague, puissante, finit de m'achever.

Je suis l'offrande, je suis le sacrifice, je suis la nourriture des dieux de l'ombre.

Vous êtes les prochains…

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MessagePosté le: 01/07/2013, 07:35    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

Numéro 4 : Séjour à Equinoxe

 
Johnny Walker, en théorie, ne gardait pas une compagne durant plus de quelques mois. Il avait compris d'une certaine manière que pour s'éclater, il fallait être libre, et que pour avoir cette liberté, il était nécessaire de régulièrement passer par cette phase explicative visant à stopper une relation amoureuse.

"Écoute ma jolie, notre histoire, c'était sympa au pieu, mais on sait tous les deux que ça n'ira pas plus loin…"

Ce matin-là, en train de se préparer devant le miroir de la salle de bain, l'homme proche de la quarantaine d’années aperçut un cheveu blanc en plein milieu de sa luisante tignasse brune. Ce qui, en plus de le contrarier fortement, eut l'effet immédiat de stopper sa répétition d'excuses douteuses. Il ouvrit le placard et en sortit un bocal. Ce dernier renfermait une pâte sombre collante qu'il s'appliqua sur les cheveux pour les coiffer en arrière, jusqu'à obtenir un résultat quasi impeccable.

"Judith, toi t'es une scientifique, moi je suis qu'un vulgaire pilote, tu crois sincèrement qu'on a de l'avenir tous les deux ?"

Il attrapa ses lunettes de soleil sur le bord de l'évier et les enfila tout en douceur, s'inspectant longuement et à différentes inclinaisons. Puis, il prit un air charmeur et s'admira dans la glace, avant de reprendre la parole pleine de colère feinte.

"Tu sais, j'en ai marre de ton manque de ponctualité et du bordel que tu laisses chez moi à chaque fois que tu repars. Si je te quitte aujourd'hui, c'est de ta faute !"

Il éteignit la lumière de la salle de bain et se dirigea vers le salon, tout en faisant une pause devant le miroir du couloir. Puis, il s'approcha du bar et en sortit une bouteille de whisky. Il remplaça alors la bouteille vide qui se situait dans sa mallette du travail, et qu’il ne tarderait pas à remplir à nouveau dans les jours à venir auprès de son fournisseur. Il retourna dans le couloir et s'équipa calmement de sa veste en cuir rembourrée, et du holster de son magnum 44 version améliorée. Une véritable pièce de collection. Avant de sortir, il effectua toutes les vérifications nécessaires à l'absence totale d'embrouilles par le biais de l'écran de sa caméra de surveillance. Une habitude liée à son passé tumultueux de mercenaire.

Depuis trois mois, l'homme possédait un appartement dans un quartier tranquille d'Equinoxe, cette immense cité sous-marine administrée par le Culte du Trident. Pour le compte de la firme Metal Crop, il avait trouvé un job de pilote de sous-marin qui consistait à racler le fond d'une grotte à la recherche de minéraux et de métaux précieux. L'engin était à peine plus étroit que l’entrée de la caverne, et nécessitait un as du pilotage afin d'être maîtrisé parfaitement. La routine pour Johnny. Rien de bien excitant, mais c'était relativement bien payé. Peu après avoir été embauché, il avait rencontré cette fille dans un bar de bonne réputation, qui était venue là pour se détendre après une journée ennuyeuse à mourir dans le laboratoire pharmaceutique PharmaCod où elle travaillait. Judith Meyerr. Son physique attrayant et ses dix ans de moins que Johnny l'avaient séduit du premier regard. Le pilote avait joué de tout son charme pour la mettre dans son lit. Il y était parvenu au bout de quelques jours d'insistance. Désormais, il sentait que sa relation avec cette jeune femme était à un tournant où elle risquait à tout moment de déballer ses sentiments, et où il serait contraint de vivre avec elle, de former un couple… et tous les inconvénients qui s'en suivent. L’humanité dans sa décadence, avait permis à la quasi-totalité de la population mondiale de devenir stérile. Une bénédiction. Il s’imaginait des choses affreuses, comme de tomber sur une femme aux idées farfelues et désirant adopter un enfant pour former une famille. Horreur ! Il espérait vivement que la séparation de ce soir serait rapide et qu'il retrouverait dans les jours à venir une aussi jolie compagne pour réchauffer temporairement sa couche.

Tout en cherchant de nouvelles excuses dans sa tête, Johnny prit le chemin du travail. Machinalement, il vérifia régulièrement s'il était suivi : le nombre incalculable de fois où il avait failli se faire tuer par le passé lui avaient servi de leçon. Il avait développé une forme de paranoïa dont jamais il ne pourrait se débarrasser un jour. Désormais, il aspirait à une vie tranquille se résumant à : sexe, argent, whisky. Il arriva sur les docks et embarqua vitesse grand v dans le transporteur qui l'emmènerait vers une station sous-marine construite et aménagée par la firme. Vint alors le moment où il faisait le vide dans sa tête, le moment où il passait de sa vie d'homme libre à employé. Aucune hésitation, aucun tremblement de sa main n'étaient tolérés pour le travail qu'il allait accomplir. Celui-là même qui demandait la précision extrême dont peu de pilotes disposaient. Étrangement, la bouteille de whisky dans sa mallette l'aiderait à se concentrer une fois que les premiers moments de fatigue se feraient sentir. C'était une des facultés que son organisme avait développé au bout d'une bonne dizaine d'années d'alcoolisme. Le visage dans ses deux mains, nul n’aurait pu dire pour qui, pour quoi, ni où se trouvait son esprit à ce moment précis.

La journée de travail démarra comme à son habitude. Après s’être changé au vestiaire, Johnny passa le portique de sécurité où il se fit fouiller par le gardien en faction. Malgré la bouteille de whisky cachée à l’intérieur de l’uniforme et qui formait une grosse bosse, le garde fit semblant de ne rien voir et laissa passer le pilote. Ce dernier avait compris depuis longtemps que pour bénéficier de petits privilèges, il fallait se mettre les bonnes personnes dans la poche. Après une petite soirée arrosée dans un bar branché pour fêter ses premiers jours d’embauche, Johnny avait su trouver les mots pour toucher le gardien de jour… et surtout les accompagner d’une très bonne bouteille d’un single malt introuvable. Le pilote démarra l’engin et mit les gaz en direction de la caverne toute proche. Son outil de travail était un magnifique sous-marin monoplace disposant de bras articulés tels que foreuse, pelle, pince et d’autres accessoires dont il ne s’était jamais servi. Un sas de la taille d’une main permettait de récupérer des échantillons pour que le pilote puisse examiner la qualité du minerai, et une benne était installée à l’arrière pour stocker la récolte de la journée. Il arrivait à Johnny de tomber sur un bon filon et de devoir faire plusieurs allers-retours jusqu’à la station, mais ce n’était clairement pas le cas aujourd’hui.

Midi sonna, et le pilote ramena son butin à la station, peu avant de partir manger la sorte de ration immonde que fournissait l’entreprise. Pour sûr, le goût n’était pas une priorité. La commission au kilogramme de minerai risquait de ne pas lui rapporter grand-chose cette fois-ci. Aussi, en se restaurant et en repensant à cette journée médiocre, il ne tardait qu’une seule chose à Johnny Walker : retourner au sous-marin pour se mettre une lampée de whisky. Chose pensée, chose faite. Le reste de la bouteille ne tint pas longtemps à son retour.

Durant une bonne partie de l’après-midi, il avait fouillé une cavité sans trouver le moindre minerai de valeur. Résigné à changer de coin, il décida néanmoins de creuser un dernier coup au hasard. La foreuse bloqua sur quelque chose. Il la sortit du sol et vérifia qu’il ne s’agissait pas d’une panne : cette dernière avait l’air de fonctionner toujours aussi bien. D’un air décidé, le pilote replongea sa foreuse dans le sol. Mais la même chose se produisit. Interloqué, Johnny décida de creuser autour de l’endroit qui posait problème. Il en sortit rapidement un morceau de roche qu’il écrasa à l’aide d’un des bras du sous-marin pour isoler la partie dure de l’échantillon. Il s’agissait d’un cube de la taille d’une main. Johnny le plaça dans le sas pour un examen plus poussé. L’objet, fait dans un matériau métallique inconnu mais étrangement léger, portait des inscriptions elles aussi illisibles pour un homme tel que lui. Néanmoins, un truc comme ça trouvé au milieu de nulle part avait forcément de la valeur. Le genre de truc pour lequel on peut se retrouver avec un grand sourire au niveau de la gorge en sortant du travail.

Tandis qu’une bouteille vide trainait au fond de l’océan, Johnny passa le portique de sécurité. Le garde lui fit un petit clin d’œil discret. Puis, portant sa mallette à la main après un rapide passage au vestiaire, il rejoignit Equinoxe au rythme de la navette de transport. Vérifiant régulièrement qu’il n’était pas suivi, plus qu’à son habitude, il se retrouva assez rapidement dans son appartement. Si tôt la porte verrouillée, Johnny ouvrit sa petite valise et posa l’objet sur la table. Muni d’un couteau, il tenta de l’ouvrir en insérant la lame dans une rainure mais comprit qu’il n’y avait rien à faire. C’est alors qu’il décida de contacter un ancien employeur, Carlos Berclay. Il fallait avant tout une personne de confiance avec qui le pilote était en bons termes, mais aussi quelqu’un qui s’y connaissait en trucs étranges, Culte du Trident, Généticiens, etc. Carlos était l’homme de la situation, et ses services ne lui couteraient probablement pas trop de crédits. Johnny avait une certaine expérience de l’aventure et n’était pas dupe : il savait qu’un truc aussi petit et léger capable de résister à une foreuse de 100 mégawatt sans une égratignure, qui plus était enfouit dans une cavité perdue au milieu de l’océan, avait forcément quelque chose à voir avec les Généticiens. Ces mystérieux êtres dont la technologie avait permis à l’humanité de se réfugier sous les océans, d’après ce qu’on disait.

Au bout d’un long quart d’heure, Johnny obtint une réponse indiquant le paiement à effectuer au plus vite par virement de crédits. Une fois réalisé, il reçut une liste de techniques plus ou moins élaborées d’ouverture d’objets étranges. Bien entendu, il ne disposait pas chez lui de laser monochrome ou d’une machine permettant d’appliquer des pressions uniformes sur les six surfaces d’un cube, mais il pourrait peut-être faire quelque chose avec son équipement électroménager.

Deux heures plus tard, alors qu’il était en pleine concentration en train de placer des aiguilles à des points stratégiques du cube, Johnny entendit la poignée de la porte d’entrée tourner, mais cette dernière était verrouillée. Quelqu’un venait d’essayer de pénétrer dans son appartement. Immédiatement aux abois, le pilote arma son magnum et se colla contre le mur du couloir. La sonnette retentit. Peut-être une ruse pour l’obliger à se mettre devant la porte d’entrée ? Il retint son souffle en silence. La sonnette retentit à nouveau, accompagnée d’une voix féminine familière.

"Johnny, si tu es là ouvre-moi !"

Mince, Judith ! Avec la découverte du cube, le pilote avait complètement oublié son rendez-vous avec la jeune femme après le boulot. Qu’allait-il pouvoir lui raconter ? Peut-être qu’elle serait en colère et que cela faciliterait leur rupture ? Soupirant un bon coup, Johnny entrouvrit la porte. La blonde pulpeuse sembla de prime abord soulagée, mais son ton se durcit au moment où elle prit la parole.

" Tu étais sensé être chez moi il y a une heure déjà ! Qu’est-ce que tu fais ?"

Elle tenta de pousser la porte avec sa main, mais Johnny la retint fermement.

"Écoute, j’ai des choses à faire et…"

Sans même lui laisser le temps de continuer, elle se jeta sur la porte et l’ouvrit de force avant d’entrer dans l’appartement. Sa voix commençait à partir dans les aigües.

"Johnny ! Je rêve où tu serais en train de me tromper ! Comment tu… mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?"

Elle désignait du doigt le gros cube posé sur la table à côté d’une boîte à outils ouverte. L’homme referma la porte, la verrouilla, et commença à s’expliquer.

"C’est un truc que j’ai trouvé au boulot. Peut-être un ancien artefact Généticien ou dans le genre. A mon avis, ça peut nous causer des ennuis, probablement mortels, alors surtout tu n’en parles à personne."

Maintenant qu’elle savait, autant la mettre dans la confidence. Mais cela reportait clairement la date de leur rupture, car il ne souhaitait pas qu’elle le balance à des types dangereux par pur désir de vengeance. Il lui expliqua comment il avait réussi à ramener la chose, et où il en était dans son examen. Sa légèreté pour un cube métallique de cette taille lui laissait penser qu’il y avait peut-être quelque chose à l’intérieur. Aussi, il avait cherché jusqu’à maintenant un moyen d’activer ou d’ouvrir l’objet en suivant les instructions de Carlos.

Finalement, son intuition n’était pas si mauvaise, puisque c’est le four micro-ondes qui déverrouilla quasi instantanément l’artefact. A l’intérieur, deux fioles en verre remplies d’un liquide transparent. Une mousse rigide épousait parfaitement leur forme, probablement pour encaisser les éventuels chocs. La coque faîte d’un alliage métallique étrange était épaisse : il y avait probablement des trucs à l’intérieur ; le mécanisme complexe d’ouverture supposait-il. Judith, qui était scientifique dans un laboratoire pharmaceutique, lui proposa de faire des tests dessus pour déterminer de quoi il s’agissait. Cela prendrait certainement plusieurs jours, surtout si elle devait s’assurer d’être discrète, mais au moins en apprendraient-ils peut-être un peu plus. Johnny lui laissa une des deux fioles.

Le lendemain, avant d’aller au travail et surtout sans en parler à sa compagne, le pilote partit déposer la boîte dans un casier anonyme d’un lieu public. Ne savait-on jamais… si Judith se faisait attraper au labo, ils risquaient de remonter jusqu’à lui et son appartement. Le cube et la deuxième fiole seraient dans un lieu que lui seul connaissait.

Les jours suivants furent calmes. Johnny était prudent, mais rien ne semblait l’alerter : la découverte de cet artefact étrange était passé inaperçu aux yeux du monde, et c’était tant mieux. Il continuait sa routine avec Judith, la retrouvant un coup chez lui, allant un coup chez elle après le travail, et lui demandant à chaque fois où en étaient les tests. Les analyses prenaient plus de temps que la jeune femme n’aurait pu imaginer. D’après elle, ils étaient en présence d’une substance encore jamais découverte et extrêmement complexe. Une semaine après la découverte, il n’y avait toujours pas de verdict.

Ce matin là, Johnny se réveilla en retard pour aller travailler. Il n’était pas très inquiet vis-à-vis de son employeur, il avait déjà eu une panne de réveil et l’avait passé en maladie grâce à un pote de beuverie médecin avec qui il avait fait connaissance au bar. La veille, il avait passé une très bonne soirée avec sa compagne, mais ses souvenirs étaient flous. Ils avaient bu pendant le diner, mais pas plus qu’un autre soir. Et en guise de dessert, Judith était passée sous la table. Le matin, elle commençait son travail avant lui, aussi avait-elle dû quitter l’appartement en faisant attention de ne pas le réveiller. Jamais il n’avait de mal de tête, mais il sentait ce matin là une grosse pointe en plein milieu du front, il ne lui en fallu pas plus pour rester flemmarder au lit.

Le sommeil portant conseil, Johnny se leva en plein milieu de l’après-midi avec une drôle d’intuition. Il alla dans le salon et marcha sur un sachet en plastique qui n’avait rien à faire là. PharmaCod était inscrit en petit. Il souleva un verre sur la table, ce dernier était à moitié rempli. Jamais il n’oubliait de terminer son whisky. En y regardant de plus près, le liquide jaunâtre semblait un peu trouble. De la drogue ? Des sueurs froides commencèrent à couler le long de son front, tandis que son rythme cardiaque s’accélérait. Rapidement, il envoya un message à un bon informateur qui avait une petite dette envers lui. Sa réponse tomba une demi-heure plus tard : PharmaCod était en fait une filiale cachée du groupe Len Corporation… Johnny avait déjà entendu ce nom, puisque l’entreprise Metal Crop dans laquelle il travaillait en était également une filiale.

Sans attendre davantage, Johnny équipa son holster et enfila son cuir. En peu de temps, il arriva devant l’appartement de Judith et remarqua que la porte était ouverte. L’arme au point, il entra à toute vitesse et tomba nez-à-nez avec un jeune homme portant un gros carton. Le magnum aussitôt pointé sur sa tête, il cria furieusement.

"Où est-elle ?!"

Une jeune femme sortit de la cuisine et se mit à hurler d’effroi. L’homme au carton, apeuré, lui indiqua en bégayant qu’ils venaient d’emménager. Jurant intérieurement, Johnny sortit avant que le service de sécurité ne puissent être contactés. Faisant quelques détours pour être certain de ne pas être suivi, il se dirigea vers le lieu public dans lequel il avait pris un casier. Son intention était simple : récupérer la fiole et se tirer au plus vite d’Equinoxe. Ne sachant pas ce qui lui pendait au nez, il valait mieux filer vers une autre nation comme il l’avait déjà fait à plusieurs reprises, quitte à revenir dans plusieurs années.

Au moment où il venait d’ouvrir le casier électronique, il dégaina à toute vitesse son magnum en sentant une arme pointée dans son dos. Trop tard. Un visage se rapprocha derrière lui, et il reconnu une odeur : c’était le parfum de Judith.

"De toute façon il n’est pas chargé. Attrape la boîte, et pas de geste brusque. On va aller un peu plus loin."

Johnny n’avait d’autre choix que d’obéir. Il replaça son arme à l’étui et suivit les instructions. Judith était pratiquement collée à lui, l’arme de poing probablement cachée dans sa veste de manière à ce qu’un regard extérieur ne puisse remarquer la prise d’otage. Elle le conduisit dans un coin calme non loin de là.

"Ça y est, tu vas me buter ? Explique-moi au moins ce qu’il se passe !"

En pointant son arme sur lui d’une main, elle fouilla de l’autre la poche intérieure de son cuir. Elle en sortit une puce miniature… un émetteur qu’elle récupéra.

"Ce qu’il se passe ? Tu viens tout juste de me conduire à la boîte. Il me manquait juste la position exacte du casier. J’ai été engagée pour te surveiller depuis que tu bosses à Metal Crop, vu que tu creusais dans une zone non loin d’un laboratoire Généticien qu’on suspectait détruit et enfoui sous une couche de magma. Bref, c’était sympa tous les deux mais purement intéressé, donc tu comprendras qu’on en reste là. Parce que je t’aime bien, je vais quand même te donner un bon conseil : trouve-toi une autre identité sans repasser par chez toi, et tire-toi d’ici."

La jeune femme blonde récupéra la boîte de sa main libre et lui fit signe de dégager avec son arme à feu. Johnny semblait encore abasourdit par les évènements. Il s’éloigna de quelques pas mais s’arrêta net, le regard plein d’incompréhension.

"Mais c’est quoi ce truc que j’ai découvert ?"

"Tout ce que je peux te dire, c’est que tu y as goûté sans le savoir. Et d’après les analyses de tes échantillons de semence, qui seront transmises ce soir aux dirigeants du groupe, tu es désormais fertile."

Alors qu’il réalisait toute l’horreur de la chose, celle qui se faisait appeler Judith s’éloigna après avoir affiché un petit sourire désolé. Si ce qu’elle racontait était vrai, il fallait qu’il quitte Equinoxe au plus vite. Il passerait probablement la fin de ses jours dans une cage s’il se faisait pincer.

FIN

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MessagePosté le: 01/07/2013, 07:38    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

Numéro 5 : Bonsoir. Je m'appelle Annabelle, j'ai cinq ans et j'ai quelque chose sous mon lit.


Il y a deux jours, j'ai discuté avec Paul. Paul, c'est mon meilleur copain de toute la terre avec marc, Julie, Clémentine, Barbara, Émilie, Judith et André. . . Ah, oui! Il y a aussi Antoine et Patrick. On est dans la même classe mais c'est Paul le plus grand. Il a trois jours de plus que moi. Mais je suis plus grande que Julie de un mois. Alors, c'est pas grave.

Il y a deux jours, Paul, il m'a parlé pendant la récréation. Il avait très beaucoup peur. Il a rien mangé à la cantine. Pourtant, il y avait des frites et même du gâteau au chocolat. Et Paul, il adore le gâteau au chocolat. Surtout ceux qui sont "fondants" comme me dit ma maman. Il est venu me voir et on s'est assis sur le muret qui fait le tour de la cour; celui avec du grillage pour pas que les grands viennent nous embêter.

Il parlait tout bas. Si bas que j'avais du mal à l'entendre. Il m'a dit que la nuit, il entendait des bruits. Des bruits qui venaient de sous son lit. Et que les bruits étaient de plus en plus forts. Et même qu'une voix l'appelait. Je lui ai demandé si son papa et sa maman avaient regardé sous le lit, il m'a dit que non parce qu'il avait trop peur pour les appeler. Il a dit qu'il savait que s'il faisait du bruit, la chose sortirait de dessous le lit et l'attraperait.

Je lui ai dit qu'il fallait en parler à la maîtresse. Il m'a dit que non. Les autres de la classe allait se moquer de lui. Et aussi que c'était notre secret. Alors j'ai juré. J'ai même craché par terre. Comme le font les garçons. Et c'est pas facile.

Le lendemain, il est pas venu à l'école. J'ai entendue ma maîtresse parler avec la maîtresse de la classe des grands. Elles ont dit qu'il avait disparut. Alors, j'ai pleuré et elles m'ont demandé ce que je savais. Je leur ai tout dit ce que Paul m'avait raconté parce que la maîtresse a dit que c'était très important. Et puis, des policiers sont venus et une dame bien habillée m'a posé tout plein de questions. Ma maman aussi était là, avec mon papa qui est arrivé un peu après. Il travaille dans la ville voisine mon papa.

Après, on est rentré à la maison et maman à fait un énorme gâteau rien que pour moi. Parce que j'ai été une grande fille elle m'a dit. Mais comme il était vraiment gros, j'ai pas put tout manger. Alors, j'en ai laisse pour le lendemain et je suis allé me coucher.

En fermant la porte de ma chambre, j'ai entendu papa et maman qui parlaient. Ils parlaient à voix basse alors j'ai pas tout compris. Mais on dirait qu'ils avaient peur.

Dans la nuit, un bruit m'a réveillé. Au début je l'entendais presque pas. Puis il est revenu plus fort. Un peu comme une souris qui court dans les murs. Puis comme ça s'est arrêté, je me suis rendormie. Plus tard, un autre bruit m'a réveillée. Comme si quelqu'un grattait le plancher de ma chambre. J'ai allumé la petite lampe près de mon lit et le bruit s'est arrêté.

Puis il a recommencé. Plus fort. Il venait de sous mon lit. Je me suis bouché les oreilles mais je l'entendais toujours. Alors j'ai crié. Je voulait que la chose parte.

Mon papa et ma maman sont venus et le bruit a disparut. Je leur ai dit ce qu'il s'était passé et ma maman m'a fait un câlin pendant que papa regardait sous le lit. J'avais peur que ce qui s'y cache attaque mon papa mais il s'est relevé en disant qu'il n'y avait rien.

Un peu après, ils sont reparti et je me suis recouchée. Le bruit est pas revenu et j'ai put me rendormir.

aujourd'hui, à l'école, tous mes copains sont venus me demander comment ça s’était passé avec la police et si je savais où était Paul. Je leur ai tout dit mais rien pour les bruits. Clémentine est pas venus à l'école et la police à laissé sa voiture devant le portail toute la journée.

Au repas de ce soir, j'avais pas faim mais j'ai mangé quand même pour faire plaisir à maman. Et je me suis couchée. J'ai attendu longtemps avant de commencer à m'endormir. J'avais peur que les bruits reviennent.

Mes yeux commençaient à se fermer tout seuls quand les bruits sont revenus. Je me suis cachée sous les draps mais je les entendais encore. J'allais appeler maman ou papa quand j'ai entendu des voix. C'était Paul et Clémentine. Ils étaient cachés sous mon lit et ils m'appelaient. Ils me demandaient de venir me cacher avec eux. On allait jouer à cache-cache.



Je m'appelle Annabelle, j'ai cinq, et j'ai quelque chose sous mon lit.

 
Je vais regarder ce que c'est. . . . .

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MessagePosté le: 01/07/2013, 07:49    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

Numéro 6 : Précognition



CHAPITRE UN
La douleur fut aussi effroyable qu'elle fut éphémère. Il avait eu l'impression que son cerveau explosait. La sueur perlait à grosses gouttes, il ouvrit les yeux. Ce fut d'abord un monde flou, une tâche rouge dont les bords se confondaient avec un décor verdâtre. Il sentit les cables qui lui sortaient du crâne puis le dossier dur et froid du fauteuil. Un son régulier et mécanique, d'abord sourd puis de plus en plus aigü, lui parvint aux oreilles. Petit à petit l'image devint plus concrète alors que ses yeux s'habituaient à la faible lumière verte de la salle.

L'autre, en face de lui, n'avait plus de visage. Il n'était plus qu'une bouillie de chairs et de sang d'où émergaient quelques éclats d'os. Il ne l'avait jamais réellement connu, il ne connaissait même pas son nom.

Le servo-crâne, qui flottait deux mètres plus loin, était en pleine activité et déversait par sa bouche un flot régulier de parchemins rédigés. La pièce était exigüe et encombrée par un entremêlement obscène de cables et de tuyaux et un néon verdâtre, positionné au-dessus de la porte d'acier fermée, offrait la seule lumière possible sur ce capharnaüm.

Le servo-crâne s'arrêta de vomir. Vernis Zane. La brume de son esprit s'était évaporée et il se souvint de son nom et de ce qu'il était. Il était psyker et servait la Gloire de l'Empereur-Dieu, qui, de son Trône d'Or sur Terra, veille sur l'Humanité.

Les yeux de Vernis se révulsèrent. Il se mit à convulser, la bave coulant au coin de ses lèvres. Le servo-crâne reprit son activité écoeurante. Une alarme stridente s'enclencha.

Au bout de quelques minutes, deux hommes entrèrent et, sans se préocupper des évènements autour d'eux, ramassèrent les parchemins que le servo-crâne avait éparpillé sur le sol. Vernis reprit ses esprits mais son corps était encore un abîme de douleur. Il regarda sans pouvoir faire un geste ni prononcer un mot les deux hommes quitter la pièce morbide. Le psyker savait qu'ils reviendraient et qu'ils n'auraient aucune pitié. Sa vie au service de l'Inquisition se terminait ainsi. Que l'Empereur-Dieu accueille son âme auprès de lui.


CHAPITRE DEUX
La salle était vaste. Des livres poussièreux aux couvertures de cuir tapissaient les murs dans de grandes bibliothèques de bois précieux. Deux encensoirs de métal autochauffants suspendus par des chaînes à deux coins opposés de la pièce, diffusaient une odeur agréable et douce. De temps en temps, un serviteur lobotomisé venait y déposer de l'encens.

L'Inquisiteur Haxtes lisait les parchemins que l'on venait d'apporter. Le bruit de son respirateur mécanique qui lui remplaçait toute la face avant de son cou dans une caricature humaine, résonnait dans la pièce. A chaque inspiration, un cliquetis venait accompagner l'ouverture puis la fermeture de la petite trappe en acier où s'engouffrait l'air. Puis la machinerie intégrée l'expulsait dans un chuintement lugubre. Il était une partie de lui-même depuis si longtemps, depuis ce jour funeste où le mal lui arracha la moitié du visage et du cou, qu'il ne l'entendait plus. Le respirateur lui donnait une voix dérangeante et affreuse qui rendait mal à l'aise tous ses interlocuteurs. Haxtes le savait et il en jouait souvent, parfois juste pour son bon plaisir.

Il releva la tête et, d'une main adroite et sûre, reposa dans sa poche pectorale le monocle qu'il plaçait sur son oeil valide, plus pour se donner de l'élégance que par réelle nécessité. Il claqua des doigts et le serviteur décérébré s'approcha avec un pichet en forme de gargouille hideuse. Par sa bouche déformée, il versa dans une coupe en forme de crâne miniature, du Lusard Doré, un des vins extrêmement rares de Quaddis, réputés et recherchés dans tout le secteur

Calixis. Haxtes se saisit de la coupe ainsi remplie, s'enfonça dans son fauteuil moelleux et porta le doux et précieux liquide à ses lèvres. C'était un plaisir qu'il appréciait depuis toujours et il aimait notamment s'en emmitoufler quand il devait prendre des décisions difficiles.

Après de longues minutes, il se pencha sur son bureau, posa sa coupe, reprit son monocle qu'il plaça sur son oeil gauche et écrivit sur un parchemin. Une fois son mot terminé, il le glissa dans la bouche décharnée d'un servo-crâne.

Quelques instructions plus tard, celui-ci se mit à flotter dans l'air avant de quitter la pièce.

Trente minutes passèrent et la lourde porte d'acier sculptée de crânes métalliques sur son contour et d'un grand « I » majuscule en son centre s'ouvrit.

– Interrogateur Kaz, à votre service Inquisiteur, fit un homme habillé dans un long manteau en cuir noir en entrant dans le bureau. Vous m'avez fait demandé ?

– Oui. Il faut activer la Cellule 13 sur Malfi, répondit Haxtes tout en tendant un data-bloc au nouveau venu. Voici leurs instructions, c'est une priorité de code Alpha. L'enfant doit mourir.

– Très bien. Votre volonté sera exécutée.

Kaz prit les données, fit demi-tour et s'empressa d'exécuter les ordres de son maître.


CHAPITRE TROIS
Sur le monde-ruche Malfi, l'homme avait pris le dessus sur la nature, au point de la détruire totalement. La terre était enfouie sous des tonnes de béton, les océans avaient été asséché. Plus aucune végétation ne subsistait, elle n'était

qu'une lointaine chimère dont plus personne ne se souvenait.. Tout n'était qu'une grande et immense ruche.

La sous-ruche Naeva était située dans les couches les plus profondes du secteur Arpis. Comme la plupart de ses soeurs, elle était le lieu de vie de ces milliards d'êtres humains qui forment la couche moyenne et pauvre de l'Imperium et qui travaillent dans les manufactorium, ces énormes usines à taille inhumaine.

Malfi était connu pour ses industries d'ingénierie et de métallurgie qui consommaient et régurgitaient chaque jour des quantités gigantesques de produits chimiques hautement toxiques. Les stigmates que portaient les ouvriers et habitants de Malfi, essentiellement des tâches blanches sur une peau cramoisie ou la perte de grandes plaques de cheveux, étaient réputés dans tout le secteur Calixis. Chacun oeuvrait pour le bien de la ruche et ce sentiment, très fort, était bien souvent le leitmotiv d'une vie dure et précaire, accentué par le credo d'une religion omniprésente. La vie était sacrifice et, lorsque venait le long sommeil, l'Empereur-Dieu reconnaissait les siens. Mais il fallait bien avouer que, malgré tout l'amour que la divinité sur son Trône d'Or pouvait apporter à ses enfants, l'aide de stimulants quels qu'ils soient n'étaient souvent pas de trop.

L'homme pénétra dans le hab décrépi, gros bloc de lithobéton informe qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à son voisin qui, lui-même, était une copie conforme du suivant. Et ainsi de suite, à perte de vue. Tout, dans la sousruche, portait les stigmates d'une trop grande vieillesse et d'une trop grande pauvreté. Seul le grand aigle à deux têtes, symbole de l'Imperium, resplendissait au centre de cette agonie urbaine. L'homme gravit les marches de l'escalier avec lenteur. Il arriva au palier du 3ème étage et s'engouffra dans le couloir. Chaque pas était difficile et était rythmé par le bruit crissant des semelles de ses grandes bottes de cuir noir. Son long manteau, lui aussi noir, lui arrivait jusqu'à mihauteur des mollets et, ouvert, laissait entrevoir un justaucorps de métal pourpre. Un chapeau à large bord, aussi sombre que le reste de sa tenue et plongeant son visage dans l'ombre, venait paraffer l'allure mystérieuse et effrayante de l'homme. La porte 36 vint enfin. Il frappa de sa main gantée de noir.

Une jeune femme au visage déjà abimé par la vie ouvrit. L'homme la bouscula sans ménagement et se dirigea vers la chambre où l'enfant dormait sereinement.

Il respirait doucement et son visage angélique aux bouclettes blondes était paisible. Une petite tâche de naissance d'un noir profond en forme de croix ornait le dessous de son oeil droit.

L'homme leva son canon de poing Carnodon, cette arme destructrice et impressionante produite par la sacroforge Westingkrup de Gunmetal City, et l'enfant ouvrit les yeux. Ils étaient d'un bleu acier. La femme se mit à crier et pleurer. Les secondes s'écoulèrent alors que l'homme tentait de contenir sa nervosité. De grosses gouttes de sueur coulaient abondamment sur ses yeux qui se mirent à le piquer furieusement. La vue troublée, il se passa l'avant bras sur le front et les yeux pour s'éponger. La femme s'aggripa à sa jambe. L'homme baissa son arme vers elle.

– Tais-toi ! Fit-il d'une voix autoritaire. Mais tais-toi donc !

Les hurlements et les pleurs continuaient sans cesse. Soudain, elle se jeta sur lui dans une rage aveugle. Dans la bousculade qui suivit, elle aggripa l'arme qui la menaçait. Le coup parti. Les chairs et le sang tapissèrent les murs et les meubles dans la pièce. Le Carnodon fumait encore.

Tout ceci, pour un enfant. Il avait reçu son ordre de mission. Juste un nom, un data-pix représentant l'image de sa cible, et un lieu. Avec l'ordre absolu d'élimination. Sans justification, sans explication. C'était toujours ainsi mais c'était la première fois que cela concernait un enfant. Pourquoi ne lui disait-on pas la raison de sa mission ? Etait-il si insignifiant pour être mis à l'écart des tenants et des aboutissants ? N'était-il qu'un objet entre les mains de son maître, de l'Inquisition ? Une arme ? Pourquoi ne pouvait-il pas décider par lui même ?

Le jeune acolyte prit sa décision. L'enfant vivrait. Un être si innocent et si faible ne pouvait représenter un danger pour l'Imperium. L'Empereur-Dieu ne pouvait le craindre.

En sortant du hab, le jeune acolyte bouscula un homme qui rentrait de son dur labeur pour le bien de l'Imperium et la gloire de l'Empereur-Dieu. Celui-ci remarqua sans vraiment le voir le petit « I » inquisitorial brodé de fils d'or qui ornait le revers du col de son long manteau noir.

Lorsque Deckerd vit la porte de son appartement ouverte, il se précipita à l'intérieur et découvrit l'horreur. Sa femme, ou plutôt ce qu'il en restait, était allongée sur le sol dans une position affreuse. Son visage qu'il chérissait tant n'était plus. Il se dirigea vers la chambre de son enfant qui pleurait et le prit dans ses bras, toutes les larmes de son corps se déversant sur son petit visage angélique.

Une image se grava dans l'esprit de Deckerd. C'était le « I », le terrible « I » de l'homme qui l'avait bousculé en entrant dans le hab. L'Inquisition, l'âme vengeresse et assassine de l'Imperium à qui il avait donné toute sa vie, lui avait prit ce qu'il avait de plus cher. Quel Dieu, quel Empire pouvait avoir comme anges gardiens ce genre d'êtres ? Plusieurs fois il avait refusé la main que lui tendait cet homme au sortir de l'usine et qui lui promettait la liberté. Il lui promettait de se rebeller, d'être le seul maître de sa destinée et de lutter contre l'oppression de l'Imperium.C'était avant car en cet instant, Deckerd avait prit la décision d'accepter cette main tendue.


CHAPITRE QUATRE
Scintilla était le monde-capitale de Calixis, d'où le Gouverneur Marius Hax administrait tout le secteur de son Palais de la Lumière. Véritable plaque tournante du commerce impérial, cette planète possèdait une population sans commune mesure avec les autres corps célestes alentour. Seul Malfi pouvait s'enorgueillir de lui tenir tête dans ce domaine là et la jalousie tenace entre ces deux mondes n'était plus à démontrer. Plusieurs ruches s'extirpaient du sol de

Scintilla, mais deux d'entre elles dominaient les autres par leur taille. De ces deux-là, Sibellus et Tarsus, la première était la plus grande et la plus imposante.

C'était là que tout se décidait et de là que l'énorme pieuvre administrative déployait ses tentacules. Il n'était donc pas étonnant que le quartier général de l'Inquisition, le Tricorne, fut établi dans Sibellus. Situé au nord de la ruche, trois tours austères lui donnaient son nom, un nom qui n'était que prononcé avec la gorge serrée. Auréolé de nombreuses rumeurs et de mystères effrayants, aucun habitant ne s'aventurait près de ce lieu à moins d'y être obligé et ils préféraient faire un long détour de plusieurs kilomètres plutôt que d'en voir un simple morceau.

Les lettres vertes s'affichèrent péniblement sur l'écran sautillant du cogitateur.

L'Inquisiteur lut le rapport lentement. L'horreur avait frappé un monde du secteur Calixis. Des milliards d'âmes avaient péri en une fraction de seconde.

Des milliards de destinée avaient prie fin. Des vies entières, des projets, réduits à néant. Tout cela à cause d'un monstre. Il en relut le code-type. Chaque mot lui donnait la nausée.

Psyker renégat de niveau Alpha.

Il attendit que le pix finisse de se charger avec appréhension. De longues secondes, une éternité. Le visage du mal s'afficha alors entièrement.

Il s'affala sur son fauteuil, le regard dans le vide. Aucun doute n'était possible.

Les cheveux blonds. Les yeux bleux acier. Froids. Mais surtout, cette tâche de naissance en forme de croix qui lui criait sa honte. C'était il y a 20 ans et pourtant il s'en souvenait comme si c'était hier. Il avait eu une faiblesse et aujourd'hui, cette faiblesse lui revenait en plein visage, broyant son coeur et ses tripes. Elle avait coûté la vie à un monde. Il se dit alors qu'il ne ferait plus jamais d'erreurs, le salut de l'Humanité et de l'Empereur-Dieu passait par là. La vie d'un seul homme ne valait rien face à celle de milliards.

Un homme entra dans la salle.

– Inquisiteur Trentor. Vous m'avez fait demandé ?

– Oui. Faites détourner le vaisseau Imperatus. Je pars immédiatemment pour Malfi. Seul... Je dois réparer des erreurs d'un lointain passé.

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MessagePosté le: 01/07/2013, 07:51    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

Numéro 7 : Les Larmes d'Ethyan


L'été touchait à sa fin. Peu à peu, les arbres de notre forêt se paraît des atours d'or et pourpre afin de célébrer la Fête du Feu qui s'annonçait déjà. L'année avait été courte. Nous n'avions eu le temps de souffler, entre les commandes des seigneurs voisins et l'enseignement que j'effectuais auprès de mon apprenti, un jeune homme répondant au nom de Pewren. Venu tout spécialement d'Elnayièn dans le but d'acquérir la maîtrise de l'art de la forge sous mes conseils, il se trouvait à mes côtés, debout devant l'enclume, marteau en main frappant vigoureusement le fer rougi par les flammes, ce jour où un étrange message parvint à mes oreilles. Nullement naturel ou proféré par un quelconque manant passant devant mon échoppe, je compris sans mal en constatant que Pewren ne l'avait entendu qu'il s'agissait d'une manifestation arcanique. Une demande expresse et formulée de manière très inhabituelle pour se rendre à la capitale du royaume, où Sa Majesté nous faisait mander dans les deux jours qui suivaient. Aucune précision supplémentaire n'avait été ajoutée au message. Bien que ce genre de demande, avec peut-être un travail en vue soit tout ce qu'il y a de plus réjouissant pour un artisan, mon instinct me dicta de ne rien en dire. Ce que je fis. Nul mot ne sortit de ma bouche à ce sujet. Pourtant, ma chère et tendre aurait été heureuse d'apprendre cela.

Mais une chose m'avait interpelé. Peu de temps après, peut-être quelques minutes, quelques secondes, je ne sais plus, mon apprenti m'annonça qu'il devait lui aussi se rendre à Alz à la même date. Il n'en avait pas dit plus, mais il me fut aisé de comprendre que je n'irais pas seul.

Je partis donc avec mon apprenti, comme demandé, pour la capitale du royaume, traversant les plaines dans la rosée matinale. J'ignorais bien évidemment tout ce qui s'en suivrait, tout comme les rencontres que je ferais là-bas.


***

Par delà les jours,
Par delà les nuits,
Traversions sans bruit
Terres en labour.

Nul oeil ne nous devait voir
Nulle oreille nous entendre
Nul homme nous surprendre
Sur le chemin de l'Espoir

Alz la grande
Cité magnifique
Et magnifiée du roi Keriand
Attendait nos répliques.

Thryan, majesté, fils de Keriand
Voulait à jamais les peuples unifier
Que guerres et conflits se suspendent
Et l'espoir divin sur les terres déverser.

Que de souffrances, que de sacrifices...
Une lame pour lutter contre les vices
De l'Homme à présent corrompu
Qui la paix a rompue.

Alaniel...


***


Nous voici réunis pour enfin unifier les peuples de Heeldä, les libérer de la discorde et des conflits.
Thryan Azalkayanah, un homme vieillissant au visage creusé, avait annoncé cette phrase devant la petite assemblée qu'il avait réunie. Pewren et moi étions entourés d'éminents artisans que nous ne connaissions pas ou seulement de nom. Deux hommes vêtus d'une longue robe rouge brodée d'entrelacs noir encadraient une Dame. Bien qu'aucun de nous deux ne l'avions jamais croisée, nous la reconnûmes aisément. Une personne telle qu'elle, il était rare d'en croiser. Nous étions honorés de sa présence. Tyruà... Une zythrewë venant des terres de Keyiev. Une magicienne de renom, à la fois crainte et respectée.

Le discours du roi sur ses attentes fut long et laborieux, mais il s'agissait du protocole habituel. Quelques heures pour nous annoncer que nous devrions forger une épée qui devrait unifier les peuples. J'avais du mal à saisir comment une arme pouvait faire ce genre de choses mais n'en dis rien. Les mages avaient semblaient comprendre de quoi il retournait, il s'agissait donc de leur faire confiance. C'étaient eux qui allaient donner à la lame ses propriétés. Pewren et moi n'étions là que pour le travail de forge pure.

Les instructions quant aux métaux et matériaux qui devaient être utilisés nous furent données en suivant. Nous devions aller les chercher avant de nous rendre sur le lieu où nous accomplirions notre tâche. Un endroit secret que seul le souverain et nous autres artisans connaîtrions. Il s'agissait là d'un des travaux les plus étranges qui m'avait été demandé de faire. Mais cela n'importait que peu. Nous allions accéder à la demande de notre roi. Cela était de notre devoir.


***

Nuit étoilée, avant la Fête du Feu,
Dans la forêt, un endroit, un lieu
Que seuls nos pieds foulerait
En cette étrange soirée.

Accompagnés d'une éminente divinité,
Tyruà la magicienne zélée,
Nous arrivions dans la clairière
Aux yeux du roi si chère.

Une massive enclume en son centre disposée,
Le foyer pour recevoir les flammes préparé,
Il était temps pour nous d'accomplir
Ce qui changerait l'avenir !


***


Le silence nocturne était pesant. Rien excepté le doux bruissement des feuilles et le crépitement des flammes naissantes ne se faisait entendre. Nos muscles se raidissaient sous la tension. Car nous n'avions droit à l'échec ! Il ne nous serait jamais pardonné.

J'ignorais tout des enchantements qu'allaient être accordés à cette arme. À vrai dire, je ne les ai même jamais connus et ne les connaîtrai probablement jamais. Seuls les mages et enchanteurs détenaient le secret des propriétés magiques qui allaient être conférées à cette lame. Chez eux aussi, malgré leur air serein, la crainte de l'échec se faisait sentir. Même plus. Car la moindre erreur pouvait leur être fatale. Les arcanes étaient parfois capricieuses...

Il était temps, à présent. Après un échange de regards, Pewren et moi saisîmes nos outils...


***

Aprentic Pewren e Kyrdan Levhan
Deusz forgeors de la foreste Yraan,
Al uniement leur ostils préparoient,
Flame alumoient e carbon creoient
Puels levoirent an haut
Leur masseis marteaux.

Trois frapeures sonoient,
Frapeis su le fer
Rougeoian soubz la flame,
Croeses e mordables dames
En danserie, chanterie su le fer,
Su laleüre endiablie le corement.

Mil cops axures resonoirent
Su la lame an furie
Puels en le froid al ystant plongiee,
De ses ardeurs foles l'apaiseteur
Sentiements destruieors,
La Lame legendiere fut forgee.

Sieurs e dames en leur
Longue robe coustageuse
Psalmiront moult misteriaulx verbles,
Devines paroles e profanes cantiques.
Li fer fut par force de lentitude guilloche
En un langage jà de quiconques oublie.

Rune de protectation,
Sceau de maldisson,
Subject de moult devinations,
Uffruit del imagineement,
E cause del foliement
Des sieurs corruptes posseants.

Ker oil, ô grant oil,
Ceste lame vivoit !
D'aucuns, ni corruptes, ni mecreant
Ceste lame porsoiera !
En cil y gardoiera
A ja el espirit de Tyruà.


***


Au départ cinq artisans, il n'en restait plus que quatre. Nous avions vu sous nos yeux, alors que la lame fut gravés de paroles enchantées, Tyruà la magicienne succomber à des blessures qui lui furent infligées sans qu'aucun n'en comprenne chose. Chose étrange, il ne restait plus de son corps que sa robe et des ossements.

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Matthieu
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MessagePosté le: 01/07/2013, 08:50    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

Ouch... en fait, c'est juste illisible sur le forum. Confused

Y'a pas moyen de mettre à dispo les fichiers ?

De même, mettre le numéro de texte dans le sondage, c'est pas pratique. Il faut compter en scrollant dans le forum. Vu qu'il y a des titres, ça serait plus judicieux de les mettre dans le sondage.


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MessagePosté le: 01/07/2013, 09:12    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

moi c'est surtout la taille des caractères qui gêne mes vieux yeux fatigués, ça serait bien de tout mettre en taille 12 pour le confort de lecture. 
Sinon, des choses très sympas. Bravo aux auteurs.
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Matthieu
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MessagePosté le: 01/07/2013, 09:42    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

Ah, une autre chose aussi. Vu que le postulat du concours était d'avoir des textes par rapport à des JdR joués à l'asso, serait-il possible d'avoir aussi pour chaque texte à quel JdR il se rapporte ?

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MessagePosté le: 01/07/2013, 11:46    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

Je rejoint l'avis des autres ^^
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MessagePosté le: 01/07/2013, 12:11    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

Re-bonjour,
 

Alors, les auteurs des textes ci-dessous ont eu 6 mois pour les préparer, écrire, mettre en pages… il était très clairement stipulés que les textes seraient affichés SUR le fofo, pas ailleurs, pas d’envois par MP ou Mail …
De plus en effet chaque texte devaient se rapporter à un JDR joué (ou ayant été joué) ici, je n’ai pas encore eu le temps de tout parcourir, mais je ne suis pas sur que tous les textes respecte bien tous les Pt du règlement, je pense qu’il était de ce fait clair qu’un titre explicite était de mise !
Je peux, à la rigueur, faire encor un effort et remplacer les N° de choix par le titre du texte (donc merci de me fournir le titre par MP) et je peux mettre en en-tête le JDR qui si rapporte, ainsi que passer le texte en 16 pour plus de lisibilité, pour le reste, cela faisait parti des pré-requis pour le concours, vous n’aurez donc qu’a en tenir compte dans votre vote.
 

Bonne lecture !
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MessagePosté le: 01/07/2013, 12:17    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

P.S : en plus, chez moi comme au Taf, ça rend très bien ..... si vous lisiez plus souvent les rapports du fofo, vous seriez mieux habitué à ce type de lecture ^^
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MessagePosté le: 01/07/2013, 12:26    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée ! Répondre en citant

il pourrais etre marrant justement d essayer de deviner quel jdr apartient le texte et qui la ecrit. un concours pour les autres en somme Smile .

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:49    Sujet du message: [Concours Td'O] Concours Nouvelle Romancée !

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