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[RAPPORT]: Hurlement

 
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Archane
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MessagePosté le: 08/07/2018, 17:56    Sujet du message: [RAPPORT]: Hurlement Répondre en citant

C'est le cœur gros que j'ai pris ma plume et décidé de coucher ma vie. Je m'appelle Basile Charpentier mais ça n'a pas été toujours le cas. Je suis né le cadet d'une famille de fermiers du Bourbonnais. Père partait souvent à la chasse en forêt avec mon frère ainé et ils ramenaient goupils et tachous. C'est en étant mordu par un tachou enragé que père mourru et je pris sur moi d'entrer dans les ordres plutôt que de travailler pour mon frère qui hérita de la ferme.

Je devins moine, et reçu une éducation, c'est comme cela que je sais écrire et lire, le françois, le latin de l'église et le grec ancien. Mon domaine de prédilection est l'architecture, d'où mon nom, Charpentier, car ne suis né que Basile. Les ordres ont ouvert mes horizons, j'ai voyagé avec les compagnons, travaillé sur des églises et cathédrales et rencontrais toutes sortes de gens. C'est lors d'un chantier dans le franc-comtois que je tomba très malade. Pendant des semaines je fus pris de fièvre et ni les saignées ni les herbes ne pouvaient me soulager et puis celà s'arrêta, le Seigneur m'a sauvé. Mes frères prièrent pour moi nuit et jour et je crois qu'Il les a entendu.



Je revins petit à petit à la vie et avec l'âge mes mains ont perdu de leur force; l'enseignement remplaca la maçonnerie et la charpente. Mes frères se détournent de moi, je ne saurais dire pourquoi, j'ai aussi des pertes de mémoires. La maladie a laissée sa marque sur moi.

Un jour l'archevêque m'a convoqué. Des rumeurs circulent sur moi, je serais possédé par le malin et ceux que je nommais mes frères colportent de biens vilaines rumeurs. Le duc m'enjoint de quitter le duché. En retour de mes services à la construction de demeures l'archevêque me fourni un petit pécule en livres parisis et une calèche m'accompagne aux frontières du duché. Avec mes maigres ressources, ma bible et mon froc, je pris le chemin de l'errance. Ma route ira jusqu'en Bretagne, ou commence ma nouvelle histoire.
_________________
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Dernière édition par Archane le 19/09/2018, 10:09; édité 4 fois
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MessagePosté le: 08/07/2018, 17:56    Sujet du message: Publicité

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Carhin Trébin
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MessagePosté le: 01/08/2018, 10:32    Sujet du message: [RAPPORT]: Hurlement Répondre en citant

Je m’appelle Doric, Doric Croustillo, l’attrape-groin de Là-bas dans l’Est. Ce sobriquet m’a été donné par les gens du village suite à l’élevage de cochons de mon père, paysan comme moi, qui finissait toujours par laisser s’échapper les bêtes de l’enclos. Au final, c’était moi qui devait courir après les animaux à travers le village, et j’arrivais à les ramener à chaque fois, bienheureusement. Je vis dans le village de Là-bas-dans-l’Est, une petite bourgade tranquille et ignorée de tous dans le duché de Bourgogne, sur le flanc d’une colline qui vit notamment grâce à ses exportations de bois.

J'étais apprenti dans une scierie, jusqu’à ce qu’on m’ait accusé d’avoir volé le patron. Bon, il est vrai après tout que je suis un tantinet roublard, mais attention, j’ai un code de conduite ! Jamais les mères veuves orphelines aveugles et cul-de-jatte à la fois ! Personne n’a jamais réussi à le prouver et je me suis toujours défendu du contraire, mais les rumeurs vont bon train à Là-Bas et plus personne n’a voulu de moi, de ce fait, je restais avec mes parents à la ferme. Je passais mes nuits à écumer les bars, puis à discrètement me glisser derrière le comptoir, je me faisais quasiment une bonne quarantaine de deniers. Un soir cependant, le patron d’un bar m’avait pris, pour ainsi dire les mains dans la caisse. Il se mit à s’énerver, à me provoquer, il devint de plus en plus violent, et c’est lorsqu’il empoigna son tisonnier … que je devins quelqu’un d’autre, pris par une furie sanguinaire ou autre sorte de diablerie. J’ai tué cet homme. Ce fut le chaos dans le bar, cette nuit-là, et je dus m’enfuir de l’arrière-boutique chez mes parents, pour ne plus en sortir.

Lorsque, le lendemain, je m’attendais à voir débarquer la garde, personne ne vint, et tout le monde fit apparemment comme si rien ne s’était passé, je n’ai jamais compris cela. Je ne sortais plus de chez moi, désormais. Jusqu’à ce qu’une nuit, pris de fièvre et d’étranges tressaillements, je sentais que quelque chose se manifestais en moi. Une sorte d’appel du sang. Je ne pus résister et me jetais dehors, afin de dévorer les porcs dans leur enclos. Ce n’est que le lendemain que mes parents me retrouvèrent, nu et le visage barbouillé de sang, au milieu des cadavres de leurs animaux. Ils me rejetèrent de la maison. Depuis, je vis seul dans une tanière de fortune au beau milieu de la forêt où je chasse et dérobe des passants pour subsister. J’avais 12 ans lors de ma rencontre avec le Veneur. Et puis, petit à petit, je me suis dirigé vers l'ouest, abandonnant ma famille, mon village, ma maison.




Alors, après moult recherches sur internet, il s'est avéré qu'il n'existait pas d'images montrant des fermiers Heroic-Fantasy bien visibles, jeunes etc... tels que j'imaginais Doric, ni adolescent comme il fallait, de ce fait, voici une apparence ... conceptuellement ressemblante.
[EDIT 23/08/18] : C'est toujours aussi dur, mais en voici une moins incohérente.

http://terresdouest.soforums.com/image/110/e/f/8/personnage-skyrim-4k-54e12…
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Dernière édition par Carhin Trébin le 23/08/2018, 19:08; édité 1 fois
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NightAngel
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MessagePosté le: 23/08/2018, 18:46    Sujet du message: [RAPPORT]: Hurlement Répondre en citant




ROLAND MARCHAND 23 ans


Né dans une bourgade de Gascogne, aîné de 7 enfants d’un couple de paysan, je fus échangé à l’age de 9 ans à mon maître afin de devenir son apprentie contre des semences. Il faut dire que j’étais déjà doué pour le troc. J’ai toujours trouvé les arguments qui font mouches.


Maître Velsatis finit donc rapidement de me former au commerce ambulant.


Dans ma 17éme année, une nuit de campement alors que nous dormions dans une forêt nous fûmes attaqués et en échappère de peu, Je fus blessé a l’œil gauche, sa couleur à changer, mais je vois bien encore voir mieux qu’avec l’autre. Encore aujourd’hui je ne saurais dire si c’est un homme ou une bête qui s’en prit a nous ce soir-là, le feu de camps éteint et la forêt fessait que l’on n’y voyait goutte.


Après cet incident sans que je ne sache pourquoi nous changions souvent de caravane. C’était le matin, à mon réveil, je dormais dans le chariot pour évite les vols, que je constater que nous avions quitté la caravane. Mon Maître avait toujours une explication plus ou moins plausible. J’ai eu l’occasion de converser avec d’autres marchands que nous avions connu, ils parlaient tous d’une attaque d’ « Hurleur Nocturne » la veille de notre départ.


Un jour alors que nous étions seuls le campement à était attaqué, je me souvient de rien, sûrement su a un choc à la tête. Mais le campement était ravagé et mon Maître gisait mort en son centre.


Aujourd’hui je voyage seul et fait des affaires aux mieux, je ne suis pas vraiment pauvre, mais on peut pas dire non plus que je suis riche.
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André Boniface


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Laf Lar


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MessagePosté le: 14/09/2018, 10:48    Sujet du message: [RAPPORT]: Hurlement Répondre en citant

Je m'appelle Aelith, j'ai 16 ans et je viens d'un petit village près de Nantes.









Je suis la dernière-née d’une famille de pauvres paysans.
Mon frère aîné travaille aux champs avec mon père et mes deux autres frères, ma mère s’occupe surtout de la maison. Ma sœur, quand à elle, a été mariée à la famille de l’herboriste et a donc quitté la maison.

Je me rend presque tous les jours à l’église du comté pour aider le curé dans les tâches quotidiennes car c’est un vieillard fébrile, mais surtout pour me réfugier du quotidien.


Mon père voit en moi un moyen d’enrichir la famille moyennant une dot élevée. Je suis courtisée par de nombreux hommes, mais je rêve de voyages, de paysages… mais surtout de liberté !
 
Mon emploi d’assistante du curé me permet de fuir ma famille la journée, mais surtout d’accéder au clocher. C’est là-haut que je me réfugie pour m'isoler du reste du monde. Parfois je rêve alors que je suis un oiseau, que je vole de long en large dans le clocher, frôlant les énormes cloches, m’aventurant au dehors pour sentir le vent dans mon plumage.


Il m'est arrivé une fois, de me réveiller après une sieste dans le clocher, en pleine forêt. J'étais couverte de bleus et j'avais une grande douleur aux côtes. 
Heureusement pour moi, cette blessure était invisible, m'évitant d’avoir à me justifier de cet accident mystérieux.


Je pris la fuite peu de temps après, quittant le village en pleine nuit. Serrant contre moi mon manteau de laine en piteux état et grimaçant sous la douleur de ma blessure. Sur la route, j'ai croisé « Le veneur », un homme vêtu d’une longue cape de marche et d’un grand chapeau noir. Il m'inspire confiance et a soigné mes blessures... alors je demeure auprès de lui car je n'ai nulle part où aller.


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Sixty Von Stucka
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MessagePosté le: 18/09/2018, 18:28    Sujet du message: [RAPPORT]: Hurlement Répondre en citant

Oyé brave gens.. mon histoire arrive ici sans tarder.. quelques modifications et enluminures et ce sera mis en ligne.. à tantôt
Wink
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Arion NC2


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MessagePosté le: 18/09/2018, 21:29    Sujet du message: [RAPPORT]: Hurlement Répondre en citant

Sixty Von Stucka a écrit:
Oyé brave gens.. mon histoire arrive ici sans tarder.. quelques modifications et enluminures et ce sera mis en ligne.. à tantôt
Wink


Sublime!   


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Sixty Von Stucka
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MessagePosté le: 20/09/2018, 07:10    Sujet du message: [RAPPORT]: Hurlement Répondre en citant


      

      
 

      

      
      
 Nom : Adélaïde de Blois        
       
Père (présumé) : Eudes Ier comte de Blois       
       
Mère : Berthe de Bourgogne       
       
Née en l'an de grâce 984       
       
Âgée de 16 printemps
      

      


       

       

       




       

       

       

       
« Voyage vers soi.. »       







Moi, Adelaide de Blois la bien nommée, née en l'an de grâce 984, je suis bien née, je fus choyée et aimée malgré le vil secret souillant ma naissance.. Mais je n'en ai cure pour l'instant car là n'est point ici la raison de mon récit, je vais vous le conter instamment.. 
    
            Je suis venue au monde en la demeure du seigneur Eudes Ier de Blois, Benjamine d'une nombreuse fratrie de frères et de sœurs, tous de bonne et haute naissance, nous avons tous été élevé selon notre noble rang afin d'assurer la pérennité de notre blason. Père fut assez peu présent car très prit par ces choses de la guerre et les moult querelles noblionnes qui sont le tribu des chefs de guerre. Mère fut quand à elle, aimante et femme de grande valeur, elle nous apporta tout le soin nécessaire aux enfançons : une bonne et solide instruction, une bienséance et la vertu nécessaire aux agneaux de dieu que nous sommes.      
   
   
       
Je ne suis point dupe et je sais bien cela dit qu'elle se trouva fort longtemps esseulée dans son rôle d'épouse louable. Pour preuve, ces longues lettres que je l'ai surprise à survoler tant de fois dans son cabinet et scellé d'un sceau bien connu de la noblesse..       
       
Je sais également que le seigneur dieu n'a rien à voir dans ma venue au monde, si merveilleuse soit-elle. J'ai surpris mes frères en grande dispute à ce sujet, être une demoiselle ne veut pas dire être ignorante de toutes les subtilités de la vie..        
       
Il se dit de moi que je serais la bâtarde du Roi Robert, ma mère et lui entretenant depuis quelques années une relation plus qu'épistolaire aux dires de certain.        
       
Si c'est le cas, qu'y puis-je? Qu'adviendrait-il de moi si la vérité faisait jour ? Père m'a toujours élevé comme sa propre et dernière enfant à ce jour, était-il au courant de ce fait notable? Peut-être bien..S'il en est, il est bien trop tard pour s'en inquiéter et je fus quand bien même forte heureuse de ma condition enfantine dans le doux giron blésois..        
       
Ce sont d'autres inquiétudes qui m'auront poussé là où j'en suis aujourd'hui..        
       

       
       
J'étais depuis toujours une enfant difficile et compliquée, de par ma nature chétive à la naissance puis d'une santé inégale et fragile par la suite, ce qui contrastait fort avec ma personnalité fantasque et enjouée puis soudainement prompte à des crises de colères monstrueuses..       
       
je fis usage de plusieurs pauvres servantes et dames de compagnie jusqu'à mes 8 années, les mettant à rude épreuves, on raconte même que je mordis au sang le sein de ma nourrice.. pauvre femme..        
       
mon frère Thibaud me raconta qu'une de ces dames venue pour la première fois, me regarda droit dans les yeux et y vit de la diablerie, je me mis à la courser dans le parc en grondant comme pour jouer au loup, elle s'enfuit en galopant et hurlant sans même demander son reste.. Père avait beau s'égosiller et m'inculquer qu'il n'était point acceptable pour une douce enfant de se comporter comme une vilaine petite louve enragée, je ne savais que répondre, je ne gardais parfois que très peu de souvenirs de ces épisodes en états seconds, tout au plus des jeux enfantins ayant mal tourné.        
       
         Par la suite mes colères et crises furent souvent suivies de fortes et inquiétantes fièvres, ma mère fit donc appel à moult soigneurs du comté sans réels résultats. Seul me restait de ces étranges suées, des émotions douloureuses et une peur sourde que je préférais garder secrète.       
       
       On ne trouva que la présence des chanoines séculiers de l'Abbaye de Bourg-Moyen pour apaiser mon mal. Je trouvais en la moniale bénédictine Sœur Hildegarde de Vingen, une grande sérénité et une antre propice au calme et à l'étude sous toutes ses formes.        
       
Femme de dieu mais également grande penseuse et praticienne de la médecine, elle entreprit de m'accomplir aussi bien dans les lettres et les langues étrangères qu'à l'étude des simples, les arts et la poésie. Le lutte avait ma préférence ainsi que tous les arts en général, ma mère et ma sœur Agnès me rendait régulièrement visite afin d'entretenir les liens familiaux ou partager quelques pratiques musicales et distrayantes. 
     

     
       
Ma jeune servante et confidente « Mélissandre » vivait également près de moi depuis mon arrivée, elle étant en charge de veiller à ce que je sois, chaque jour, apprêtée et soignée selon mon noble rang. Elle était également l'unique confidente et amie fidèle que j'avais accepté près de moi, je ne l'effrayais point et elle me surprenais chaque jour par sa douceur et sa ténacité.        
       
Dans ce lieu de prière et de paix, mes proches s'attelaient à ce que je fut prête et de bonne composition pour la futur alliance qui ferait de moi une noble et digne épouse, un jour prochain.        
       

       
       
Madame de Bourgogne, ma chère mère s'entretenait d'ailleurs fort régulièrement avec la moniale afin de suivre mes fébriles avancées de santé.        
       
Les fortes fièvres, chaque trentaine, et mes étranges dessins qui s'en suivaient, l'inquiétaient au point de devoir concocter moult breuvages et décoctions de plantes rares avec toujours peu de résultat, seule la teinture de Datura et la poudre de Millepertuis semblait retarder la mal sans pour autant l'apaiser.        
       
« Depuis quelques mois, j'avais même pris soin d'enfermer la demoiselle durant ses plus gros accès car celle-ci se levait de sa couche dans un état second , louvoyait de nuit dans le cloître et les coursives telle une possédée, baragouinant ou grondant, les yeux pâles et vitreux, parfois presque nue et comme sans vie. Elle effrayait bien évidemment moines et moniales en quête de prière ou de sommeil réparateur »        
       
L’Abbesse du lieu en avait elle-même fait part à la sœur, la mine fermée et soucieuse, «  ils s'agissait de trouver rapidement les raisons de ce mal ou le cas échéant, les rumeurs iraient en s'aggravant. Nous serions amené à faire appel à de plus hautes instances divines »       
       
De beaucoup, déjà, commençaient à parler de diableries, en appelaient à des traitements bien plus sévères que quelques onguents et plantes..       
       
       Sœur Hildegarde avec qui je partageais un attachement réciproque, s'en trouvait troublée et préoccupée au point que la prière ne suffise plus à calmer ses peurs visibles, je ne saurais dire si je l'effrayais moi-même ou s'il s'agissait des rumeurs grandissantes. Elle prenait un soin tout particulier à m'écarter de ses pairs la plupart du temps, je me sustentais dans ma chambrette en compagnie de Mélissandre qui m'amenait mes plateaux de vivre ainsi que mes pichets d'eau, même les ballade dans le parc se firent plus rare.. ainsi que les visites de ma mère..        
       
J'appris par une sombre missive de ma sœur Agnès que mon père était au plus mal et notre mère se devait de rester à son chevet, mon frère Thibaut, l’aîné, se chargerait de ses affaires en attendant sa rémission...        
       
Puis, au mois de mars de l'an de grâce 996, soit deux mois plus tard, il rendit son âme à dieu, laissant ma mère à son triste veuvage et notre fratrie orpheline..  
     

     

     
       
Étrangement, je restais calme et froide, je passais la journée suivante en prière et prise d'un détachement profond.. je refusais toute nourriture, études ou réconfort quelconque.. les jambes cotonneuses, agenouillée devant l'autel, j'entendais la voix de sœur Hildegarde et Mélissandre qui m'interpellaient comme venant des limbes « mademoiselle, relevez -vous, vous avez l'air hagarde et frigorifié.. mademoiselle ? » un écho lointain... puis le silence et la nuit...je sombrais dans le néant..        
       

       
       
         A partir de cette sombre période, ma vie ne fut plus que chaos fiévreux entrecoupés de rares moments d'accalmies.. Sœur Hildegarde, épuisée et l'air vieillit, s'acharnait à trouver de nouveaux remèdes, me faisant avaler, chaque jour, d'affreuses décoctions de plantes venues de lointaines contrées.. je fus, sur les conseils avisés de l’Abbesse, relogeais dans l'aile la plus éloignée des bâtiments de prière, loin des moines et moniales trop suspicieux.        
       
Mélissandre était d'une patience infinie à mon égard et pourtant je remarquais bien les nombreuses ecchymoses et blessures qui fleurissaient chaque matin sur son pauvre petit corps.. je n'en pouvais plus de la voir si mal en point, je priais pour que le seigneur me donne des réponses.. j'enrageais que la sœur ne me dise rien de ce mal qui m'entourait de ses griffes.. je me vengeais sur l'apprentissage des traités de simples et les divers poisons utilisables en ce bas monde malgré les inquiétudes de la sœur..        
       
L'on m'offrit un accès privilégié à un petit jardin de simples abandonné qui donnait sur l'arrière de ma chambrette, ce qui me permit de mettre en pratique mon savoir récent et servit de défouloir à mes humeurs orageuse et taciturnes.. en trois longues années, il devint beau et fertile, emplit de fleurs et de plantes odoriférantes.. par très beau temps, j'y installais mon quartier d'études à l’abri sous une arche de rosiers grimpants et de chèvrefeuille à l'odeur entêtante.. je changeais également, ma chevelure d'or et de lune atteignait des longueurs telles qu'il fallait chaque jour les mains expertes de ma précieuse amie pour la nouer en de savants tressages qu'elle recouvrait d'un voile de vertu..mon corps s'allongeait et une poitrine naissante se devinait sous mes robes de lin tissé.. 
     

     

     

     
       
        Je ne voyais plus guère ma pauvre mère prise par le devoir dû à ses nouvelles épousailles avec son fière prétendant.. il n'avait eu de cesse de la relancer de ses ardeurs depuis la disparition de Seigneur feu Eudes Ier, mon père.. les neuf mois de veuvage étaient à peine entérinés qu'il avait décidé de l'épousailler contre l'avis de tous.. mes frères voyaient cette union avec méfiance et pensaient que Robert y voyait là un gain certain sur la Bourgogne ainsi que sur les possessions des Blois.. je n'en avais cure, mon seule rôle étant après mes frères de servir les intérêts d'une famille et d'un blason de renom.. je me prit à rêver secrètement de liberté, de faunes et de vents nouveaux...        
       

       
       
         Puis un jour vint où l'une de mes crises fut si monstrueuse que je m'éveillais le corps perclus de douleurs, couchée tel un petit animal complètement nue au pied de ma couche.. je voyais double et la tête me tournait, ma bouche pâteuse avait un goût de métal. La petite main blanche de ma servante, tourné dans un angle étrange, attirait mon regard. Je me traînais péniblement jusqu'à elle, pensant qu'elle s'était effondré de fatigue tant la nuit avait été épuisante.. Hélas.. Ce sont mes cris qui alertèrent Sœur Hildegarde, elle ouvrit prestement le verrou de ma porte avant de découvrir avec horreur le corps exsangue de la pauvre Mélissandre. La pauvre enfant gisait là dans son sang encore tiède sur le sol dallé, blanche et sans vie, la nuque tordue et la poitrine sauvagement déchirée.. la pièce semblait comme après une tempête, les tapisseries de Blois déchiquetées et pendantes, les quelques meubles de bois sobrement ouvragés détruits et éparpillés de-ci de-là, mes quelques possessions de valeurs cassées et dispersées aux quatre coins de la chambre.. une odeur épouvantable et animal régnait sur la scène.        
       

       
       
La sœur prit rapidement la décision qui s'imposait, me faire partir pour une contrée plus sûr pour tout un chacun dans un refuge de sa connaissance où personne ne viendrait me traquer. Il y aurait des questions bien sûr mais elle se chargerait de faire taire les importuns. Il en fallait peu dans cette époque troublée pour être accusé d'hérésie, il fallait donc agir au plus vite..       
       

       
       
      Elle prétexta donc par le biais de lettres à madame de Bourgogne de m'envoyer dans un lieu de repos et d'études au grand air, dans un lieu saint des contrées Bretonnes. Je serais d'ailleurs accompagnée d'un moine fort sérieux et instruit qui surveillerait mes intérêts et mes deniers ainsi que des quelques gardes mis à la disposition des Blois afin d'assurer ma sécurité toutes ces années. Elle promis de faire suivre des missives régulières concernant mon évolution et ma santé. Elle viendrait d'ailleurs d'elle-même en pèlerinage pour s'assurer de mon état. Elle lui assura que la jeune demoiselle que j'étais avait tout à y gagner et promettait de me renvoyer au foyer dans quelques temps, forte et fin prête..        
       

       
       
Je m’apprêtais donc à quitter l'Abbaye pour un refuge inconnu, loin de mes habitudes, mes proches et sœur Hildegarde.. curieusement je me sentais sans émotions malgré la perte de mon amie très chère.. je mettais ça sur le compte d'une profonde fatigue.        
       
La sœur m'expliqua doucement que pour ma sécurité il me faudrait cacher mon identité pendant quelque temps, je devrais me faire appeler Novice Adèle, en route pour sa formation de moniale et accompagnée du père Archibald de Dol. On m'équipa donc en conséquence d'une simple tenue de jeune novice avec pour tout bagage mes quelques livres d'études et de prière.        
       
Le père serait mon seul compagnon et précepteur durant le long périple. On avait prit soin de lui fournir le pécule nécessaire au voyage car les routes et les bourgades à travers les terres Angevines seraient fortement taxées avant d'atteindre la terre de Renne. Les gardes seraient là pour assurer la sécurité de notre traversée ainsi que des lettres en possession du père Archibald assurant notre circulation ecclésiastique.        
       
     Le père voyageait toujours à dos de mule suivie d'un âne portant le bât, celui-ci lui permettait d'emporter des ouvrages et moult rouleaux d'enluminures vers d'autres confrères religieux ainsi qu'une malle où il conservait et listait religieusement les simples, des breuvages et autres plantes nécessaires aux divers soins des homme de dieu. Nous faisions plus ample connaissance en cette dernière journée à l'Abbaye et je décidais de lui parlais de ma passion pour les plantes, il fut curieux de voir ce si beau jardin dont lui avait tant parlé sœur Hildegarde. Il fut enchanté de découvrir celui-ci regorgeant de fleurs et de plantes qu'il connaissait bien ainsi que d'autres espèces bien plus rares qu'il n'avait jamais eu l'occasion de voir en ces terres. Ce fut l'occasion pour lui d'emporter quelques spécimens vers la contrée bretonne, il ne cessa de s'émerveiller devant certaines et d'énumérer leurs propriétés..La fin du printemps avait des odeurs d'Ancolie et de départ..       
       

       
       
Le petit matin du jour suivant, au petit lever du jour, nous étions fin prêt à prendre la route.        
       
Sœur Hildegarde me menait à la jument rouanne qui m'attendait dans l'arrière cour tout en me prodiguant les dernières recommandations d'usages.. Dans un sourire triste, elle rangea une mèche dorée négligemment sortie de mon voile puis me mit le pied à l'étrier. Je lui lançais un timide sourire et talonnais ma genêt dans un claquement de langue, la troupe m'attendait déjà devant l'entrée des Serfs.        
       

       
       
Les semaines suivante, nous chevauchâmes sans encombre sur les terres de Blois jusqu'à la ville de Tours, nous arrêtant dans diverses auberges ou campements de fortune.. la fraîcheur du matin me revigorait les sens, je prenais des couleurs le jour.. les nuits encore fraîches m'étais bénéfiques après les longues chevauchées.. je passais mes heures de liberté et les soirs auprès du feu en moult discussion sur les voyages du père et sa belle ouverture d'esprit..        
       

       
       
        La traversée des terres d'Anjou nous posa bien plus de problème.. la ville d'Angers nous refusa l'entrée et l'hostilité des gens se faisait de plus en plus palpable, non que les ecclésiastiques puissent poser problème mais les soldats aux couleurs de Blois ne passaient pas inaperçus..On nous chassait de partout tels de viles intrus. Il fallut chercher les villages plus petits pour se nourrir aux étales de pauvres gens ignorants de choses des villes, certain nous accueillaient encore dans un coin de grange malodorante et nous partageaient un peu de lait ou de soupe.. Le reste du temps, ce fut la nature sauvage comme simple campement et quelques tubercules bouillies dans un gruau à l'eau pour toute pitance.. Mais ce ne fut pas le pire..        
       
       
       
Une nuit, tout près de la frontière entre l'Anjou et notre terre d'arrivée, les soldats échangeaient leurs tours de garde quand nous fûmes attaqués par une bande de mécréants armés et puants.        
       
Cachés dans un renfoncement de roche calcaire où nous avions posé notre campement pour la nuit, nous entendîmes nos hommes en découdre, des hurlements, des cris et des bruits intenses d'épées qui s'entrechoquaient, les râles d'agonisants tombés sous les coups, c'était d'une terrible violence.. Je fut soudainement prise de violentes convulsions, les yeux révulsés, le corps arqué comme un chat.. je vis les main du père Archibald me tenant les bras pour éviter que je ne me griffe le visage, d'une main agile, me tenant d'un seul bras, il vida le contenu d'un flacon inconnu au reflets verts dans ma bouche... ce fut le noir et la nuit infini..        
       
Je m'éveillais douloureusement près du feu, les braises encore fumantes.. nulle trace du moine.. des traînées de sang près du feu... des images me revenaient en mémoire.. ma crise, les hommes en armes, une bataille, le père au dessus de moi me parlant doucement.. des sons et encore des images de sang..des coups de lames et cette sensations de force animal étrangère à toute raison, partout des corps sans vie.. beaucoup de corps.. ma tête me faisait si mal..je repartais dans les limbes..        
       

       
       
A mon second réveil, le soleil était déjà haut dans le ciel et dardait ses rayons à l'entrée du refuge de pierre, je plissais les yeux.. j'étais recouverte d'une épaisse couverture de laine.. je n'avais pas froid mais mon flanc me faisait atrocement souffrir, mais je savais pourquoi.. je toussais en tentant de m'asseoir, un bras sous mes côtes.. dans l'embrasure de pierre je vis apparaître la silhouette du moine dans un soulagement.. accompagné d'une autre personne.. un homme de haute stature tout en-capé de noir et affublé d'un étrange et grand chapeau noir de nuit..        
       

       
       
« Aaah.. la demoiselle Adèle est enfin éveillée.. » …  
     

     
    

    
     

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Dernière édition par Sixty Von Stucka le 21/09/2018, 21:17; édité 3 fois
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MessagePosté le: 21/09/2018, 09:12    Sujet du message: [RAPPORT]: Hurlement Répondre en citant

Et bien, tu t'es donné du mal Okay Okay Okay
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MessagePosté le: 21/09/2018, 20:29    Sujet du message: [RAPPORT]: Hurlement Répondre en citant

diantre, beau background. tu l'as écris sur le rythme de la vidéo parce que ça s'enchaine plutot bien.
(ps: je me permets de t'emprunter l'image de Rapunzel)
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Arion NC2


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MessagePosté le: 21/09/2018, 20:30    Sujet du message: [RAPPORT]: Hurlement Répondre en citant

En plus avec la bande sonore en fond de lecture, sa valais bien le temps attendu pour lire ses lignes!
Vraiment super coool  Okay Very Happy


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Sixty Von Stucka
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MessagePosté le: 21/09/2018, 21:28    Sujet du message: [RAPPORT]: Hurlement Répondre en citant

Merci.. Mr. Green , j'avoue c'est du boulot mais quand on aime on ne compte pas... la bande son m'est venue comme une évidence..et en effet, l'ambiance Witcher colle plutôt bien pr le coup.. il y a un 2ème morceau qui se cache ds la texte.. il s'agit d'un morceau original du 12e siècle, la chanson se nomme" Macabru: Lo Ver Comens " .. où le barde se moque des histoires d'amour qui bien tjrs finissent mal et sont souvent non dénué d'intérêt.. dans mon background c'était de circonstance, je la voyait bien chanter comme ça ds son petit jardin ^^.. en tout cas, tant mieux si ça marche.. je suis ravie... Okay
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MessagePosté le: 21/09/2018, 21:53    Sujet du message: [RAPPORT]: Hurlement Répondre en citant

lol je n'avais pas vu la première, la second est très joli, ça ma rappelais Dead Can Dance que j'écoutai beaucoup il y a quelque années.

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Sixty Von Stucka
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MessagePosté le: Hier à 01:08    Sujet du message: [RAPPORT]: Hurlement Répondre en citant

ah oui c'est vrai que ça pourrait ressembler à un morceau de Lisa Gerrard.. pr le coup le grpe ne fait que des reprise d'époque.. et c'est vraiment pas mal.. ^^
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